Soitec renforce ses baisses de coût faute de croissance à court terme
La transition technologique et industrielle à laquelle est confronté Soitec pèse encore sur sa rentabilité et sa structure de bilan. Le spécialiste du silicium sur isolant (SOI) doit en effet gérer la baisse structurelle de ses débouchés sur le marché des PC, qui n’est pas encore compensée par les nouvelles opportunités liées à la mobilité, tout en continuant à investir dans les cellules pour centrales solaires et les substrats destinés au marché des diodes électroluminescentes.
A fin septembre, sa perte opérationnelle semestrielle courante ressort donc à 71,9 millions d’euros, légèrement supérieure à celle de 70,2 millions enregistrée un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires en chute de 30,1% à 91 millions. La structure de bilan est pénalisée par une restriction de liquidité portant sur 84,8 millions d’euros, liée au projet sud-africain dans le solaire. Ce montant sera utilisable «dès la mise en service et la connexion au réseau de 50% des 44 MW de puissance» représentés par ce projet. La dette nette publiée atteint donc 200,8 millions d’euros contre 66,6 millions au 31 mars dernier.
Alors que les effets positifs du précédent plan de baisse des coûts de 20 millions d’euros dans l’électronique commencent à se faire sentir, le groupe a décidé la mise en place d’un nouveau programme visant 17 millions d’économies supplémentaires par an d’ici à la fin de l’exercice clos en mars 2015. Ce nouveau programme «entraînera la suppression de 89 postes sur le site de Grenoble, sous la forme de départs volontaires et d’une mise à disposition de personnel dans le cadre des pôles de compétitivité de la région», a précisé le PDG André-Jacques Auberton Hervé.
STMicroelectronics, client important de Soitec, a indiqué hier avoir constaté «une amélioration dans l’environnement de commandes en octobre, mais de court terme», après un troisième trimestre marqué par une baisse des ventes de puces pour smartphones. Dans ce contexte incertain, Soitec prévoit une stabilité séquentielle du chiffre d’affaires dans l’électronique au second semestre, ce qui correspondrait à un repli d’environ 30% d’un an sur l’autre. La trésorerie disponible de fin d’exercice resterait inchangée à 117 millions par rapport au 30 septembre.
Le groupe se montre également très prudent sur la reconnaissance avant fin mars 2014 du chiffre d’affaires généré en Afrique du Sud, soumise à un accord des autorités gouvernementales du pays.
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