Soitec met fin à ses projets de développement dans l’énergie solaire
Soitec a fini par tirer les conséquences de ses déboires dans le solaire. Après avoir investi au cours des six dernières années environ 400 millions d’euros dans la technologie photovoltaïque à concentration (CPV), le spécialiste du silicium sur isolant a annoncé hier que son conseil d’administration avait décidé «à l’unanimité» la mise en œuvre immédiate d’un plan stratégique visant à recentrer ses activités sur l’électronique.
Ce revirement est loin d’être le premier de la part d’un industriel européen, Siemens ayant par exemple dû se résigner à mettre fin à l’été 2013 à l’activité de Solel Solar, entreprise d’origine israélienne, quatre ans après l’avoir rachetée pour 418 millions de dollars (360 millions d’euros).
Pour se conformer au code Afep-Medef révisé en juin 2013, Soitec a par ailleurs dissocié ses fonctions dirigeantes. André-Jacques Auberton-Hervé, jusqu’ici PDG, reste président du conseil d’administration, tandis que le directeur général délégué Paul Boudre, qui était à la tête de la division électronique, est nommé directeur général.
La nouvelle stratégie du groupe nécessitera un approfondissement des mesures de restructuration lancées le mois dernier aux Etats-Unis, d’où la comptabilisation, au titre du second semestre 2014-2015, d’une charge pour dépréciation d’actifs vraisemblablement supérieure aux 70 millions d’euros annoncés en décembre. En parallèle seront examinées différentes options visant à «extraire la valeur de ses actifs liés à l’énergie solaire». Cette monétisation pourra prendre la forme de cessions ou d’accords de partenariat permettant à Soitec de toucher des redevances sur la technologie CPV, le groupe ayant «plusieurs mois devant lui» pour faire un choix définitif.
Sa trésorerie brute, qui s’élevait à 28,4 millions d’euros fin 2014, devrait d’ici au 31 mars prochain bénéficier de l’apport de 40 millions supplémentaires lié à la mise en service complète de la centrale solaire de Touwsrivier en Afrique du Sud.
Soitec a d’autre part signé avec la Société Générale un contrat Paceo (ligne de financement en fonds propres) pour une période de deux ans. Celui-ci prévoit l’émission en plusieurs tranches successives d’actions nouvelles à hauteur d’au maximum 22 millions de titres, soit 9,8% du capital. Le prix d’émission «sera égal à la moyenne pondérée des trois derniers cours de Bourse, diminué d’une décote ne dépassant pas 5%». L’action a gagné 1% en terminant à 99 cents sur le marché parisien.
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