Snapchat lance une version payante en France
Le plus populaire des réseaux sociaux auprès des jeunes teste le modèle payant. Snap a lancé mercredi Snapchat+, version payante de son application mobile. Pour 3,99 dollars par mois (ou 3,99 euros), les abonnés auront accès à plusieurs fonctions exclusives. Ils auront plus d’options pour personnaliser leur profil, par exemple en changeant le style de l’icône de l’application Snapchat, pour voir qui a revu une story et épingler des amis en tête de la liste de chat.
Snapchat+ sera lancé dans un premier temps dans une dizaine de pays, dont la France, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Arabie saoudite et évidemment les Émirats arabes unis – où sont basés ses influenceurs les plus populaires.
La firme de Santa Monica précise que cela ne retirera pas la publicité du service, contrairement à la plupart des offres freemium. « Notre modèle économique reste avant tout basé sur les recettes publicitaires, mais nous considérons les abonnements comme un modèle potentiellement intéressant », explique le groupe dans un communiqué.
Recherche de rentabilité
Ce nouveau modèle reflète les difficultés actuelles des réseaux sociaux à maintenir leur modèle économique originel. Le 24 mai dernier, le PDG de Snapchat Evan Spiegel avait annoncé un avertissement sur ses résultats trimestriels, et un ralentissement dans ses recrutements, faisant chuter le cours de l’action Snap de 43%. Malgré un chiffre d’affaires en progrès de 38% à 1,06 milliard de dollars, sa perte nette s’est, elle, creusée à 360 millions de dollars sur le premier trimestre, contre un résultat négatif de 287 millions de dollars un an auparavant.
Le réseau social, qui revendique 332 millions d’utilisateurs quotidiens, a généré plus de 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021, mais n’a jamais dégagé de bénéfice net annuel. Depuis le début de l’année, son cours de Bourse a chuté de 70%. Snap pâtit aussi du changement du règlement d’Apple, qui impose aux éditeurs d’applications d’obtenir le consentement des utilisateurs avant de pister leur navigation pour récolter des données à des fins de ciblage publicitaire.
D’autres médias sociaux se sont également tournés vers des modèles d’abonnement pour tenter de diversifier leurs sources de revenus. Twitter a lancé l’abonnement Blue, qui propose un accès sans publicité pour 2,99 euros par mois. Et le service de messagerie instantanée Telegram déploie son abonnement Premium ce mois-ci, proposant des fonctionnalités supplémentaires pour 4,99 dollars par mois.
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