Siemens se lamente de l’impact de la crise de la dette sur l’économie réelle
Tenant son rôle de baromètre, Siemens s’est désolé hier de l’impact de la crise de la dette souveraine en zone euro sur l’«économie réelle». Bien qu’espérant un «redressement» au second semestre sur le front macroéconomique, le président du directoire Peter Löscher a dû reconnaître hier, lors de la présentation des résultats du premier trimestre, devoir «travailler dur» pour parvenir à respecter les objectifs annuels de Siemens, dont l’exercice fiscal s’achève le 30 septembre.
Le groupe allemand a pourtant confirmé ces objectifs, marqués par une stabilité du résultat net des activités poursuivies à 6 milliards d’euros. Au trimestre écoulé, cet indicateur a chuté de 27% à 1,36 milliard, en dessous des attentes, sous le coup notamment de charges exceptionnelles de 344 millions d’euros dans l’éolien, la santé et le ferroviaire.
Pis encore en tant que reflet de l’activité future, les prises de commandes ont accusé sur la période une baisse de 4% à données comparables (hors variations de changes et de périmètre, -5% en données brutes), à 19,8 milliards d’euros. Elles ont représenté 1,11 fois le chiffre d’affaires (en hausse de 2%). Ce ratio reflétant le dynamisme commercial du groupe est certes en amélioration par rapport au trimestre précédent, mais reste inférieur au 1,18 affiché à fin 2010.
Dans le domaine de l’énergie (près de 7,2 milliards d’euros de nouvelles promesses de factures), la baisse organique atteint 11%, alors que dans le secteur de la santé (3,3 milliards) les nouveaux contrats progressent de 3%. En termes géographiques, les prises de commandes ont baissé de 7% sur la zone Europe, Afrique, Moyen-Orient (9,9 milliards), en dépit d’une relative meilleure tenue en Allemagne (-2% à 2,6 milliards). Et quand bien même les nouvelles commandes en Chine et en Inde ne représentent encore que 9% du total, elles ont subi des plongeons respectifs de 17 et 59% au trimestre écoulé.
Peter Löscher, selon lequel «l’âge d’or est terminé», mise toujours sur les marchés émergents et sur les Etats-Unis pour tirer la croissance face à la récession attendue sur le Vieux Continent. Le dirigeant a confirmé les objectifs d’une modeste croissance organique du chiffre d’affaires sur l’exercice et d’une croissance supérieure des prises de commandes. Au 31 décembre dernier, le carnet de commandes de Siemens s’élève à 102 milliards d’euros.
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