Siemens enregistre une confortable plus-value sur la cession de ses convertibles Atos
Siemens se comporte en investisseur avisé. Lors de la fusion réalisée mi-2011 entre sa filiale de services informatiques (SIS) et Atos, il avait reçu près de 15% du capital de la SSII française, plus 5,4 millions d’obligations convertibles Atos et une soulte en numéraire de 177 millions d’euros. Hier, le groupe industriel allemand a finalisé en quelques heures la cession de la totalité de ses convertibles Atos, une opération qu’il avait annoncée en début de journée. Confiée à Deutsche Bank, cette cession «a été effectuée dans le cadre d’un placement privé accéléré auprès d’investisseurs institutionnels», précise le communiqué de Siemens.
Alors que la valeur nominale des convertibles Atos, qui viennent à échéance le 1er juillet 2016, s’élève au total à 250 millions d’euros (soit 46 euros par titre), Siemens indique que le produit de la cession, réalisée au prix de 56,44 euros par obligation, lui a rapporté «approximativement 304 millions d’euros», ce qui correspond à un gain de près de 22%. Considérant notamment «la très bonne coopération stratégique et opérationnelle entretenue avec Atos», il a l’intention de conserver sa participation directe de 15% dans la SSII, «conformément à ce qui a été initialement convenu entre les deux groupes».
Les analystes de CM-CIC Securities trouvent cette cession logique, étant donné que Siemens «n’avait pas vocation à monter au capital d’Atos» et que cela lui permet de profiter de la récente hausse du cours de l’action d’Atos, en progression de 8% depuis le mois de janvier et de 31% sur un an. Ils ajoutent que l’engagement de Siemens à conserver sa participation directe dans la SSII «devrait permettre d’éviter un ‘overhang’ (retour de papier) sur l’action», en jugeant cependant que le groupe allemand «n’a pas vocation à garder la totalité des 15% qu’il détient dans Atos à moyen terme».
Cette initiative ne surprend pas non plus le bureau d’analyse de Kepler, qui maintient son objectif de prix à 59 euros pour l’action Atos, en estimant que ce niveau pourrait être dépassé «uniquement en cas d’acquisition significative dans les systèmes de paiement ou les services informatiques». Il pronostique par ailleurs, comme pour le reste du secteur, une contraction de l’activité du groupe français au premier trimestre, «en raison d’un nombre plus faible de jours facturables».
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