Sharp offre ses biens immobiliers en garantie pour payer ses dettes
Sharp ne voit pas le bout du tunnel. En contrepartie de prêts d’un montant total de quelque 150 milliards de yens (1,5 milliard d’euros) de la part de ses créanciers Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et Mizuho Corporate Bank, le groupe d'électronique japonais a dû apporter en garantie la quasi-totalité de ses biens immobiliers, y compris ses propres quartiers généraux situés à Osaka ainsi que les terrains et bâtiments de ses onze usines dans le pays. Le groupe avait déjà hypothéqué les 30 millions de titres qu’il détient dans Pioneer, d’une valeur de 6,39 milliards.
Considéré initialement comme son chevalier blanc, le milliardaire taiwanais Terry Gou, PDG de Hon Hai Precision Industries (ou Foxconn), a soulevé l’incertitude des investisseurs en annonçant son souhait de renégocier les termes de l’accord passé en début d’année pour racheter 9,9% du capital de Sharp à 550 yens. Le cours est tombé hier à 200 yens, un plus bas depuis 37 ans. Or, Sharp est pressé de céder de nouveaux actifs à Foxconn pour alléger sa dette. La vente des usines de télévisions à cristaux liquides situées en Pologne, au Mexique, en Chine et en Malaisie est notamment évoquée.
Moody’s a d’ailleurs relayé mardi la note de court terme de Sharp en catégorie spéculative pour cause d’«un profil de liquidité sous tensions», suivant l’exemple donné une semaine plus tôt par S&P qui avait dégradé sa note de long terme de deux crans à BB+ et de court terme à B. «Sharp subit une hausse de la prime de risque associée à ses titres financiers, ce qui complique ses émissions de billets de trésorerie. Les faibles liquidités du groupe l’obligent à rembourser ses billets de trésorerie avec des emprunts bancaires», a expliqué S&P. Le groupe a 706 milliards de yens d’obligations, billets de trésorerie et autres dettes arrivant à maturité dans les douze prochains mois.
Or, S&P rappelle que ces besoins de liquidités sont «supérieurs à ses sources de financement». Sous la pression d’un yen fort qui le pénalise face à ses concurrents coréens et taiwanais, le constructeur nippon a perdu 100 milliards de yens entre avril et juin 2012, et a élargi début août sa prévision de pertes annuelles à 250 milliards, un chiffre supérieur à sa capitalisation boursière. Celle-ci a fondu de 71% depuis le début de l’année.
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