Sharp devra attendre encore trois mois le prochain apport de fonds de Qualcomm
En misant sur des alliances capitalistiques avec des groupes étrangers pour renforcer son bilan, Sharp a sans doute négligé l’importance des aléas industriels et financiers qui en découlent. Le groupe nippon a ainsi conclu début décembre 2012 avec l’américain Qualcomm un accord prévoyant que celui-ci investisse près de 120 millions de dollars à son capital. Si un premier versement représentant la moitié de cette somme a été réalisé le 27 décembre, le paiement de la deuxième tranche était soumis à un retour au bénéfice de Sharp sur le semestre clos fin mars et à la mise au point d’écrans plus économes en énergie.
Comme Sharp a pris du retard pour développer cette technologie, il a fait savoir qu’il ne recevrait pas ce second versement le 29 mars comme prévu. Une porte-parole du groupe a souligné que ceci ne lui poserait «aucun problème de liquidité» et que les deux sociétés «envisageaient désormais de repousser cette échéance au 30 juin». Ce revers fait suite à la prise de participation avortée de Hon Hai, qui avait envisagé en mars 2012 de prendre 9,9% du fabricant nippon. Ce projet est désormais largement compromis, suite à la forte chute du cours de Bourse de Sharp et à son refus d’accorder au groupe taïwanais un droit de regard sur sa gestion.
Sharp devrait en revanche bénéficier de la participation de 3% que va prendre le sud-coréen Samsung pour 112 millions de dollars, en échange de la fourniture d’écrans LCD. Conclu au début de ce mois, cet accord permettra de stimuler la production du groupe nippon dans ce domaine. Celui-ci a en effet été contraint de diminuer en début d’année l’activité de son usine de Kameyama, située au centre de l’Archipel, en raison d’une baisse de la demande pour l’iPad au profit de l’iPad mini, dont il ne fournit pas les écrans.
La prise de participation de partenaires étrangers constitue en fait la seule source de financement alternatif viable pour Sharp, déjà renfloué à hauteur de 4,4 milliards de dollars par ses créanciers bancaires en octobre dernier. Avec des notes de crédit situées en catégorie spéculative («B+» pour S&P et «B-» pour Fitch, Moody’s ayant retiré sa note voici près d’un an), le groupe éprouve de grandes difficultés à emprunter sur les marchés de capitaux.
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