Sharp bénéficie d’un répit pour installer son plan de restructuration

Le fabricant japonais d’électronique a obtenu 360 milliards de yens de crédits sous forme de prêts syndiqués et facilité de crédit revolving
Patrick Aussannaire

Sharp peut souffler. Le fabricant japonais d’électronique en difficulté a obtenu un montant total de quelque 360 milliards de yens (3,6 milliards d’euros) par ses deux principales banques créancières pour faire face à ses échéances. De quoi rester en vie en faisant face à une échéance fin septembre de billets de trésorerie d’un montant notionnel identique au montant reçu.

Mizuho Corporate Bank et Mitsubishi UFJ Financial contribueront au sauvetage de Sharp à hauteur de 180 milliards de yens sous forme de prêt syndiqué, et une facilité de crédit revolving de 180 autres milliards sera rallongée jusqu’à fin juin prochain. Selon Reuters, les deux banques nipponnes devraient solliciter d’autres établissements financiers, dont l’assureur Resona Holdings, pour participer à la syndication du prêt de manière à mutualiser les risques.

Mais Sharp reste encore sous la menace; les deux crédits accordés par Mizuho et Mitsubishi se substituant à un autre prêt de 150 milliards de yens souscrit le mois dernier et offrant en garanties les quartiers généraux du groupe, plusieurs de ses usines, ainsi que 15 millions d’actions détenues dans Pioneer. A fin juin, Sharp détenait 706 milliards de dette à court terme et 314 à long terme, avec un montant de trésorerie ou quasi-trésorerie limité à 218 milliards.

«Il reste de nombreuses incertitudes concernant notamment les perspectives de résultats de Sharp» qui prévoit une perte de 250 milliards sur l’année fiscale, rappelle Naoko Nemoto, directeur chez S&P à Tokyo. Le fournisseur des écrans du nouvel iPhone5 d’Apple a durci son plan de réduction de coûts avec un doublement des suppressions de postes à 10.000, soit 18% des effectifs. Le groupe prévoit en outre de lever 213 milliards de cessions d’actifs, dont 38 milliards de cessions d’usines, 25 milliards avec Recurrent Energy, acquis en 2010 pour 305 millions de dollars, selon la presse locale. Le Wall Street Journal ajoute que Sharp pourrait s’allier à Intel dans les écrans à cristaux liquides.

En revanche, les négociations avec Foxconn, qui avait accepté en mars d’acquérir 9,9% du capital de Sharp à 550 yens par action pour 66,9 milliards de yens, semblent être au point mort. L’action a chuté de 71% depuis le début de l’année à 198 yens, et les 200 milliards d’actions convertibles dues au 30 septembre cotaient à 70 yens pour 100 yens.

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