SFR envisage de réduire de 10% sa base de coûts d’ici à fin 2013
La rigueur s’impose aussi chez SFR. L’opérateur de télécoms, filiale de Vivendi, a présenté hier lors d’un comité central d’entreprise les grandes lignes d’un plan de réorganisation qui doit lui permettre de restaurer une rentabilité mise à mal par l’arrivée de Free Mobile sur le marché. En 2012, l’excédent brut d’exploitation de SFR devrait être amputé de 12% à 15%, pour tomber entre 3,15 et 3,26 milliards d’euros. Le plan sera lancé dans le courant du mois de novembre, a précisé la direction. Il comprendra un volet offensif, avec une refonte et une simplification des offres commerciales. Il prévoit aussi un chapitre économies dont un plan de départs volontaires.
Stéphane Roussel, ancien DRH de Vivendi, nommé à la tête de SFR à la suite du départ de Jean-Bernard Lévy la semaine dernière, n’a pas souhaité communiquer de chiffres mais selon plusieurs sources, SFR compte économiser 450 millions en 2012, grâce aux mesures d’urgence lancées au printemps, et encore 500 millions d’euros l’an prochain. Au total, en deux ans, l’opérateur pourrait ainsi abaisser de 10% sa structure de charges opérationnelles, qui s’élevait à 8,4 milliards d’euros en 2011, dont 5,4 milliards pour la seule activité de téléphonie mobile qui devrait être la première concernée par la rigueur.
La concurrence de Free aidera à réaliser une partie des économies. La perte de clients (274.000 abonnés en moins au premier trimestre 2012) devrait entraîner une baisse du trafic sur le réseau et donc une réduction des charges d’exploitation, notamment celles dites de terminaison d’appels. Les analystes d’Exane BNP Paribas chiffrent l’économie à 135 millions d’euros pour 2012. Elle sera complétée par une baisse des coûts commerciaux (2 milliards d’euros au total en 2011), des dépenses de marketing et de publicité (192 millions d’euros en 2011) et des frais de personnel (800 millions d’euros).
Ce plan devrait ainsi entraîner la fermeture de plusieurs boutiques SFR sur les 840 points de vente exploités par l’opérateur. Fin 2011, SFR employait 9.400 personnes. En supposant une compression de 12% de ce poste, cela conduirait au départ d’un peu plus de 1.000 salariés. Hier soir, Bouygues Telecom, engagé dans des économies de plus de 300 millions d’euros par an, a annoncé la mise en oeuvre d’un plan de départs volontaires portant sur 556 postes, sur un total de 9.800 personnes.
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