Seuls les Français veulent toujours des directeurs généraux surdiplômés
Les femmes n’accèdent toujours pas au poste de directeur général. Elles restent absentes du SBF 120 et des 100 premières capitalisations allemandes, et ne sont que trois au sein du FTSE 100 (quatre en 2011) et huit dans le US Fortune 100 Index (six en 2011), selon l’étude bisannuelle de Heidrick & Struggles. De fait, «la gestion des talents est plus aboutie dans les pays anglo-saxons», confie Olivier Boulard, en charge de la Practice Leadership Consulting au sein du cabinet de conseil en recrutement.
De même les étrangers accèdent difficilement au poste de dirigeant (9% en France, 10% aux Etats-Unis, 16% en Allemagne), sauf au Royaume-Uni (39%) où les deux tiers de ces DG étrangers sont recrutés en interne. D’ailleurs le recrutement interne reste la norme chez les Anglo-Saxons (79% aux Etats-Unis, 71% en Allemagne et 68% au Royaume-Uni), alors que les entreprises françaises croient moins en leurs talents (60%).
Conséquence de la mondialisation, les CEO ont de plus en plus un parcours à l'étranger : 40% au Royaume-Uni (-4 points), 36% en France (+1 point), et 31% en Allemagne (+3 points). En revanche, les Américains sont réticents à s’expatrier, seuls 18% ont été en poste hors des Etats-Unis. Les Français et les Allemands ont toutefois peu d’expérience en Asie, respectivement 10% et 13%, contre 24% pour les Anglais et 33% pour les Américains. «Un point de vigilance», souligne Olivier Boulard.
Autre facteur culturel très prégnant, la formation des directeurs généraux. En France, seuls 11% d’entre eux ne sont pas titulaires d’un diplôme de niveau master, contre 22% en Allemagne, 32% aux Etats-Unis et 50% au Royaume-Uni. Les Français restent très attachés aux «formations d’élite» (HEC, Insead, ENA ou Polytechnique) dont sont diplômés la moitié des CEO. Au contraire, les Anglais favorisent les formations continues. Plus pragmatiques, ils n’hésitent pas à se séparer de leur DG si la performance n’est pas au rendez-vous. Leur CEO reste en poste en moyenne cinq ans, contre huit en France.
Un tiers des DG anglais et américains sont issus des fonctions financières (25% en Allemagne et 17% en France), tandis que le profil d’ingénieur est privilégié en Allemagne (30% des DG), et celui de haut fonctionnaire en France (28% des DG). C’est uniquement aux Etats-Unis (essentiellement dans le secteur financier) et en Allemagne (uniquement dans l’industrie) que des juristes accèdent au poste de dirigeant.
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