Seul un tiers des entreprises françaises respecte les délais de paiement

Toutefois, le retard moyen diminue à un plus bas de 11,5 jours, contre 13,4 jours en Europe, constate le baromètre trimestriel d’Altares
Bruno de Roulhac

Malgré la crise, les retards de paiement des entreprises françaises continuent à diminuer, tombant à 11,5 jours au deuxième trimestre 2012, un niveau historiquement bas atteint seulement en juin 2010, selon l’étude trimestrielle d’Altares.

En Europe, le retard s’établit à 13,4 jours, stagnant autour de ce niveau depuis plusieurs trimestres. Toutefois cette moyenne cache des écarts qui continuent à se creuser entre le Nord et le Sud de l’Europe. L’Allemagne (6,2 jours de retard) et les Pays-Bas (8,5 jours) demeurent les bons élèves de la classe, tandis que l’Espagne (20,8 jours) et le Portugal (28,4 jours) finissent en queue de peloton. D’autant que les paiements de plus de 30 jours concernent 16% des entreprises espagnoles et 22% des portugaises, pour une moyenne européenne à 8,4%.

Néanmoins, seul un tiers des entreprises françaises payent leurs factures sans retard! Si ce taux est en amélioration sur un an, il reste très en dessous de la moyenne européenne à 41,8%. La France fait mieux que le Royaume-Uni (27,3%), l’Irlande (24,5%) et le Portugal (20,2%), mais reste très loin de l’Allemagne (73,1%).

Pire, les entreprises françaises restent championnes d’Europe des factures réglées avec un retard de 1 à 15 jours. Elles sont 36,2% dans cette catégorie contre une moyenne européenne de 28,1%. En France, les grandes entreprises sont les plus fautives, moins de 10% payant leurs fournisseurs sans retard, alors que près de 25% des PME et 39% des micro-entreprises respectent les délais. «Les circuits de validation de la chaîne de facturation sont encore complexes dans les ETI et grandes entreprises et conduisent à des reports ‘techniques’ de certains règlements», explique Altares. Des reports qui pèsent sur les PME. Or, «les entreprises reportant leurs règlements fournisseurs de plus de 30 jours présentent une probabilité de défaillance multipliée par six», constate Altares.

La sagesse ne vient pas plus avec l’âge, puisque seulement 26% des sociétés de plus de cinquante ans payent leurs factures sans retard contre 39% pour les structures de moins de trois ans. Toutefois le risque le plus fort pèse sur les entreprises âgées de trois à cinq ans, affichant un retard moyen de 13,3 jours, deux points au-dessus de la moyenne française.

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