Scindé de Carrefour, Dia peine encore à trouver sa place sur le marché
Pour sa première publication officielle depuis sa mise en Bourse le 5 juillet dernier, Dia a plutôt bien réussi son examen de passage, avec des résultats semestriels légèrement meilleurs que prévu. Le distributeur espagnol, ancienne filiale de maxi-discompte de Carrefour, a dégagé un chiffre d’affaires de 5,42 milliards d’euros, en hausse de 1,5% à nombre de magasins et taux de change comparables. Son excédent brut d’exploitation semestriel a progressé de 10,1% à 233,8 millions d’euros. Les analystes de JPMorgan espéraient par exemple 219 millions d’euros, en bas du consensus qui montait jusqu’à 236 millions d’euros.
La publication de ce premier semestre a permis à l’action de gagner 6,24% à 2,81 euros à la Bourse de Madrid. Mais ce rebond cache une chute de 19,7% depuis la mise en bourse de Dia le 5 juillet dernier, à un cours de référence de 3,5 euros. S’il se comporte très légèrement mieux que Carrefour, Dia fait nettement moins bien que l’indice sectoriel Stoxx de la distribution en Europe, dont la valeur n’a baissé que de 13% depuis le 5 juillet.
Malgré son positionnement bas prix, et ses ambitions de croissance dans les pays émergents, le modèle de Dia n’a pas encore totalement convaincu les investisseurs. Le groupe réalise encore 70% de ses ventes en Espagne et en France, deux pays à faible croissance et à concurrence forte. En France, le marché du groupe le plus difficile selon le directeur général de Dia, le chiffre d’affaires a chuté de 6,4% au premier semestre. Il n’a progressé que 0,2% en Espagne et au Portugal. Dans ce contexte, une grande partie des prévisions du groupe pour les trois années à venir dépend des ouvertures de nouveaux magasins. Le groupe espagnol prévoit d’augmenter le nombre de points de vente de 6.373 fin 2010 à 8.000 en 2013. Or, avec 91 ouvertures au premier semestre, le distributeur semble en retard sur son programme annuel (450 à 500 nouveaux magasins).
Enfin, le titre Dia n’est pas excessivement bon marché par rapport à ses concurrents. «Nous continuons de penser que la valorisation de Dia devrait être plus proche de celle des distributeurs européens traditionnels que des purs discompteurs ou des groupes émergents», indiquent les analystes de Credit Suisse. Le groupe affiche un multiple cours sur bénéfice estimé pour 2012 de 12,5 fois contre 9,5 fois pour la distribution européenne.
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