Schneider renforce son contrôle interne après une fraude comptable
La fraude comptable n’arrive pas que chez les autres. Schneider Electric vient d’en faire les frais. Lors d’une revue spécifique en 2012, le contrôle interne du spécialiste de la gestion de l’énergie a mis en évidence une erreur dans les comptes 2011 sur la reconnaissance des remises clients. Un employé, haut-placé dans la branche commerciale et aujourd’hui licencié, a commis des irrégularités afin de surévaluer le chiffre d’affaires de l’entité concernée en différant la comptabilisation des remises clients. Ainsi sous-évaluées les remises clients ont conduit à surévaluer de 42 millions d’euros le chiffre d’affaires 2011, de 27 millions le résultat net, et de 82 millions les créances clients. Bien évidemment, les comptes 2011 ont été rectifiés à hauteur de ces montants.
Depuis, Schneider explique avoir renforcé les contrôles préventifs et de détection. En effet, pour arriver à ses fins, l’ex-collaborateur de Schneider «a créé des faux documents, donc c’est un problème de contrôle interne qui n’était pas assez fort pour réaliser que les documents utilisés pour supporter les provisions que nous calculons sur ces remise étaient des faux», a expliqué Emmanuel Babeau, directeur financier de Schneider.
Si l’équipementier électrique rappelle que ni le patrimoine, ni le cash n’ont été touchés par cette fraude, «c’est un signal d’alerte que nous avons pris très au sérieux», a précisé Jean-Pascal Tricoire, président du directoire de Schneider.
En attendant, le groupe anticipe une croissance organique «modérée à un chiffre» de son chiffre d’affaires 2013, après un recul de 0,7% en 2012, et une marge d’Ebita ajusté «stable à légèrement en hausse» par rapport aux 14,7% (+0,4 point) de 2012. Pour l’heure, le consensus Bloomberg anticipe une progression de 2,6% des ventes. Schneider attend toujours un exercice difficile en Europe de l’Ouest, où la croissance organique était de -5% en 2012, mais anticipe des opportunités d’accélération dans les nouvelles économies, notamment en Chine au second semestre, et une reprise modérée en Amérique du Nord.
L’action Schneider rebondissait hier de 2,31% à 56,67 euros, à l’annonce d’une hausse de 10% du dividende à 1,87 euro, permise par une hausse de 11% du bénéfice net par action, en dépit d’une dépréciation de goodwill de 250 millions d’euros sur l’activité Buildings.
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