Sanofi gagne en marge de manœuvre en prenant le contrôle exclusif sur Plavix et Avapro

Maître de la commercialisation de ces deux médicaments phares, le laboratoire devrait profiter du potentiel offert par les marchés émergents
Bruno de Roulhac

Conséquence de la fin de période d’exclusivité de ses blockbusters Plavix (antithrombotique) et Avapro (traitement de l’hypertension), Sanofi et Bristol-Myers Squibb (BMS) ont décidé de restructurer leur partenariat.

A compter du 1er janvier 2013, BMS rendra à Sanofi ses droits sur Plavix et Avapro/Avalide dans le monde à l’exception des Etats-Unis et de Porto Rico pour Plavix. Toutefois, le laboratoire français aura le contrôle exclusif sur ces produits et sur leur commercialisation. Pour sa part, BMS recevra jusqu’en 2018 des paiements sur les ventes de Plavix et Avapro/Avalide – tant les produits princeps que les génériques – dans le monde. Bryan Garnier estime «faible» le taux de cette redevance. En outre, Sanofi versera à BMS 200 millions de dollars en décembre 2018. Les droits sur Plavix aux Etats-Unis et à Porto Rico resteront inchangés jusqu’en décembre 2019.

Parallèlement, les différends en cours entre les deux partenaires sur cette alliance ont été résolus. Notamment, BMS versera 80 millions de dollars à Sanofi à titre de dédommagement pour le préjudice causé par la rupture de stock d’Avalide aux Etats-Unis en 2011.

Cet accord «permet à Sanofi de prendre le contrôle exclusif sur Plavix et Avapro et surtout sur leur commercialisation», se félicite CM-CIC. Il «devrait être globalement neutre sur les perspectives de cash-flow pour Sanofi», note CA Cheuvreux.

«Nous voyons une opportunité pour Sanofi d’agir avec plus de liberté et une meilleure coordination dans des marchés émergents, comme le Brésil, le Mexique ou l’Argentine, où le co-marketing prévalait», ajoute Bryan Garnier. Si les ventes vont baisser en année 1 dans les pays développés, le laboratoire va pouvoir extraire les perspectives de croissance de ces produits dans les pays émergents, poursuit Bryan Garnier.

De fait, les marchés émergents constituent la première des plates-formes de croissance du laboratoire, pesant 31% du chiffre d’affaires au premier semestre. Sanofi poursuit sur cette lancée en se renforçant en Amérique latine, grâce au rachat de Genfar, deuxième génériqueur colombien. Le laboratoire ne dévoilant pas le prix d’acquisition, CM-CIC le chiffre autour de 200 millions de dollars, tandis que Bryan Garnier évoque un multiple de quatre fois les ventes, soit 400 à 500 millions de dollars. Genfar a dégagé 133 millions de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, dont 30% hors Colombie.

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