Sanofi devrait échapper au premier paiement conditionnel pour Genzyme
Genzyme ne tiendra probablement pas promesse. Les difficultés de production du Cerezyme (maladie de Gaucher) et du Fabrazyme (maladie de Fabry) devraient éviter au groupe français de devoir verser aux anciens actionnaires de l’américain un premier versement complémentaire conditionné de 270 millions de dollars, à raison d’un dollar par titre apporté. Sanofi a en effet estimé hier que le niveau de production 2011 espéré par Genzyme a «peu de chance d’être atteint». Il pourrait l’être avec quelques mois de retard, grâce à un nouveau site de production.
La chute de 40% à 1,20 dollar hier sur le Nasdaq du cours du certificat de valeur conditionnelle (CVC), mis en place au printemps en complément d’un montant fixe de 74 dollars par titre, reflète donc la grande prudence du marché. Sanofi est censé encore verser 13 dollars par titre Genzyme si les ventes annuelles du Lemtrada, un traitement de la sclérose en plaques en développement, dépassent 2,8 milliards de dollars d’ici à 2020. Le groupe français, citant un consensus, tablait sur des ventes annuelles de 700 millions, qui correspondraient à un versement de 3 dollars par titre.
Genzyme n’en reste pas moins un puissant moteur de croissance. Avant même la journée investisseurs à la rentrée, le groupe a relevé de 600 à 700 millions d’ici à 2013 son estimation de synergies de coûts. Le directeur financier de Sanofi, Jérôme Contamine, souligne que les synergies de revenus seront également significatives. «Genzyme correspond bien à ce qu’on attendait», se félicite le dirigeant, qui assure que «la transformation du groupe est en marche».
En témoigne la hausse de 6,9% du chiffre d’affaires du trimestre écoulé à 8,35 milliards d’euros qui masque un repli de 4,0% hors Genzyme du fait d’une perte de ventes de 778 millions liée à la concurrence des génériques. Une tendance soutenue grâce au succès des «plateformes de croissance» que sont notamment les marchés émergents ou les vaccins. Ces segments ont représenté avec Genzyme 65,2% des ventes trimestrielles. Jérôme Contamine mise sur une part supérieure à 80% à moyen terme passant par une croissance à deux chiffres des ventes en 2011.
Grâce à Genzyme, dont la «dynamique des ventes» constitue «la bonne surprise du trimestre» aux yeux de CM-CIC Securities, Sanofi a réduit son estimation de repli du bénéfice net par action, de 2 à 5% contre 5 à 10% précédemment.
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