Sanofi-Aventis prêt à jouer les prolongations pour s’emparer de Genzyme
Entre Chris Viehbacher, le patron de Sanofi-Aventis, et Henri Termeer, son homologue de Genzyme, la guerre des nerfs risque de durer. Alors que l’offre hostile du laboratoire français a expiré vendredi à 23h59 (heure de New York), Sanofi-Aventis devrait annoncer sa prolongation pour une durée de cinquantes jours. Un communiqué doit être diffusé avant l’ouverture des marchés américains aujourd’hui. Le cours de Genzyme a clôturé vendredi à 69,82 dollars, au-dessus du prix de l’offre fixé à 69 dollars.
Cette prolongation devrait permettre aux deux groupes de poursuivre leurs négociations en vue d’un compromis. Celui-ci pourrait passer par la mise en place d’un certificat de valeur garantie (CVG), basé sur la valeur du Campath, le traitement expérimental de Genzyme dans la sclérose en plaques. Une idée que le directeur financier de Sanofi-Aventis Jérome Contamine a qualifiée d'«intéressante» et qui constituerait un remède aux estimations fortement divergentes des deux camps. Sanofi chiffre le potentiel de ce traitement à 700 millions de dollars, tandis que Genzyme en attend cinq fois plus.
«Le CVG a déjà été utilisé dans d’autres transactions comme Fresenius quant il a racheté APP. Cela a du sens, particulièrement dans le cas où les deux groupes ne peuvent se mettre d’accord sur les ventes d’un médicament comme le Campath», a commenté Markus Manns, gestionnaire de fonds à Union Investment à Francfort. Sanofi entend donc maintenir la pression sur le conseil d’administration de Genzyme, tout en refusant pour le moment de relever son offre. Les analystes estiment qu’une proposition entre 71 et 75 dollars par action pourrait emporter l’adhésion de la cible. Le titre Genzyme se négocie en moyenne à 71,25 dollars depuis l’officialisation de l’OPA
Un échec de l’opération pourrait se révéler lourd de conséquences pour les deux parties. L’action Genzyme pourrait retomber sous les 50 dollars, son niveau de cours précédant les rumeurs d’offre publique. Quant à celle du laboratoire français, elle a déjà perdu plus de 10% depuis le début de l’année, à contre-courant de l’indice sectoriel européen. A 6,9 fois les résultats estimés pour 2011, le price earning ratio ressort comme étant au niveau le plus bas parmi les titres des grands laboratoires européens.
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