Sanofi-Aventis et Genzyme signent un accord « gagnant-gagnant »
Enfin ! Au bout de sept mois d’affrontement, Sanofi-Aventis et Genzyme ont trouvé un accord. Après avoir dit que le bon prix était celui de l’offre à 69 dollars par action, Sanofi-Aventis a fini par lâcher du lest, en offrant 74 dollars par titre en numéraire, soit 20,1 milliards de dollars (14,9 milliards d’euros), plus un CVC (certificat de valeur conditionnelle). Le CVC pourrait se traiter sur le Nasdaq entre 2 et 3 dollars. En fonction des objectifs atteints (voir tableau), ce CVC, qui expirera au plus tard fin 2020, pourrait donner droit au maximum à 14 dollars supplémentaires par action, soit 3,8 milliards de dollars.
Toutefois, le marché ne semble pas y croire. Si Genzyme a estimé à 3,5 milliards de dollars le pic des ventes de Lemtrada, dans le traitement de la sclérose en plaques, Sanofi-Aventis juge le potentiel limité à 700 millions de dollars. Dans cette hypothèse, le paiement ne dépasserait pas 4 dollars par CVC, soit 1,1 milliard de dollar, le scénario «le plus probable» pour Sanford Bernstein. «Il n’y a que 4 dollars qui sont atteignables […] et qu’un seul dollar fortement probable, celui de l’autorisation de Lemtrada par la FDA», ajoute CM-CIC. Genzyme attend cette autorisation au second semestre 2012. Alors que le consensus anticipait un prix de 75 dollars plus un CVC de 5 à 8 dollars, Sanofi-Aventis est parvenu à limiter les frais. L’opération devrait être finalisée avant la fin du deuxième trimestre, à l’issue d’une nouvelle offre prolongée jusqu’au 16 mars.
L’acquisition sera relutive sur le bénéfice net par action des activités en 2012, et relutive de 0,75 à 1 euro d’ici 2013. Les synergies se liront sur le chiffre d’affaires dès le second semestre, assure Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi-Aventis, et pourraient dépasser à terme les 600 millions de dollars. Fitch a néanmoins placé sous surveillance négative la note «AA-» du laboratoire français invoquant le risque de synergies inférieures aux attentes.
Sanofi-Aventis, qui avait signé un prêt relais de 15 milliards de dollars avec JPMorgan, Société Générale CIB et BNP Paribas (un tiers chacun), le refinancera à hauteur de 10 milliards de dollars par une émission obligataire et à hauteur de 5 milliards de dollars par le cash flow du groupe. Le coût de la dette ressort entre 2,5 et 3%. Le laboratoire français bénéficie toujours de 13 milliards d’euros de facilités.
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