Sanofi-Aventis affiche la prudence pour 2011
L’acquisition de Genzyme se fait attendre… «On ne va pas s’engager aujourd’hui sur un calendrier, a déclaré hier, Christopher Viehbacher, directeur général de Sanofi-Aventis à l’occasion de la publication des résultats 2010 du laboratoire pharmaceutique. Les discussions progressent […] et toutes les options restent sur la table». Ce projet d’acquisition est «pour créer de la valeur et non pour combler un manque de chiffre d’affaires», a ajouté le directeur financier Jérôme Contamine.
En effet, le laboratoire va subir cette année de plein fouet l’effet de la concurrence accrue des génériques. Aussi, Sanofi-Aventis anticipe un recul de 5 à 10% à changes constants de son bénéfice net par action des activités (BNPA) en 2011, hors acquisition de Genzyme et hors retour des génériques de l’anticancéreux Eloxatine aux Etats-Unis. Des perspectives jugées «conservatrices» par certains analystes, mais en ligne avec les attentes du consensus. Si le BNPA a crû en 2010 de 2,6% à changes constants à 7,06 euros, il a chuté de 9,2% au quatrième trimestre. D’ailleurs, le chiffre d’affaires à changes constants a reculé de 0,8% sur l’année à 30,4 milliards d’euros, mais a baissé de près de 6% au quatrième trimestre. De fait, les ventes de l’antithrombotique Lovenox et de l’anticancéreux Taxotere ont respectivement chuté de 27% et 20% sur le dernier trimestre.
Dans un tel contexte, Sanofi-Aventis bénéficie néanmoins de certains atouts. D’une part, son plan de réduction de coûts de 2 milliards d’euros sera atteint dès 2011 au lieu de 2013 prévu initialement. Sans compter des marges d’amélioration sur la productivité des achats et sur le BFR, a précisé Chris Viehbacher. D’autre part, le laboratoire s’appuie sur la forte croissance des marchés émergents, où il compte réaliser cette année un tiers de son chiffre d’affaires, contre 30% en 2010 et 25% en 2009. Enfin, la R&D repart sur des bases saines, après le nettoyage du portefeuille, réduit de 30%, et la nomination d’Elias Zerhouni à sa tête en début d’année. Ce dernier veut maintenant accélérer la R&D et se pencher sur d’autres domaines comme le vieillissement et l’immunologie. Le portefeuille du laboratoire compte actuellement 55 projets en développement clinique, et mise toujours sur l’anticancéreux iniparib malgré l’échec de premiers tests cliniques le mois dernier.
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