Saint-Gobain veut déployer une stratégie de croissance moins capitalistique
Saint-Gobain entend améliorer son potentiel de croissance à cinq ans en augmentant la valeur ajoutée de ses activités tout en diminuant leur intensité capitalistique. Cette orientation constitue l’un des trois grands axes du nouveau plan stratégique présenté hier par le groupe de matériaux de construction, qui investira en priorité dans les pays émergents. Saint-Gobain précise vouloir «concentrer les investissements hors d’Europe occidentale pour que les deux tiers des actifs des pôles matériaux innovants et produits pour la construction y soient situés». L’intensité capitalistique sera de son côté réduite à 27-29% dans les pays développés.
Concernant l’évolution de son périmètre d’activités, le groupe confirme vouloir se désengager totalement de Verallia, spécialisé dans les contenants en verre, et procéder à 4 milliards d’euros d’acquisitions «de taille petite ou moyenne» sur la période. Une accélération notable par rapport au montant cumulé de 1,3 milliard d’euros consacré à la croissance externe depuis la mi-2010.
Le renforcement de sa stratégie de différenciation représente le deuxième axe de développement de Saint-Gobain. Ceci impliquera notamment une augmentation de moitié des projets d’innovation codéveloppés avec ses clients et la réalisation de «750 millions à 1 milliard d’euros de ventes supplémentaires sur de nouvelles niches dans les matériaux haute performance». Le développement accéléré de son offre numérique devrait par ailleurs aboutir à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé sur internet, «soit 15% des ventes de la distribution Bâtiment sur les marchés concernés en 2018», contre 5% seulement à l’heure actuelle. La notoriété moyenne des marques du groupe devra également être relevée de 5 points.
Le dernier axe met l’accent sur l’excellence opérationnelle, qui nécessitera 800 millions d’euros d’économies supplémentaires au cours des deux prochaines années. Outre de nouveaux progrès en matière de responsabilité sociale d’entreprise (RSE), le groupe s’engage à conserver une structure financière solide et vise une rémunération attrayante pour les actionnaires. En préambule à cette présentation destinée aux investisseurs, le PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar a confirmé les objectifs du groupe pour l’exercice 2013, en précisant qu’il n’y avait «pas actuellement de ralentissement de nos ventes» et que l’hiver se présentait bien.
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