Safran privilégie une solution interne pour la succession de Jean-Paul Herteman
Les rumeurs étaient fondées. Le groupe Safran a annoncé vendredi soir, à l’issue de la réunion de son conseil d’administration, les nominations de Philippe Petitcolin au poste de directeur général et du franco-australien Ross McInnes à celui de président. Ce tandem succèdera en avril 2015 à Jean-Paul Herteman, qui cumule les deux fonctions depuis 2011 et qui atteindra l’année prochaine la limite d’âge de 65 ans. «Ce choix a été fait à l’issue d’un processus de sélection ouvert et rigoureux», indiquent Michel Sapin, ministre des Finances, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, dans un communiqué commun.
Les administrateurs de Safran, issu de la fusion entre le motoriste Snecma et le groupe d’électronique Sagem en 2005, ont privilégié un recrutement interne. Philippe Petitcolin a rejoint Snecma en 2000 à la faveur du rachat de Labinal, dont il était l’un des responsables. Lorsque Snecma se rapproche de Sagem pour créer Safran, il continue son évolution malgré le climat houleux qui règne alors: il devient PDG de l’entité Snecma, poste qu’il cumule en 2011 avec celui de DG du pôle Défense-Sécurité de Safran. En juillet 2013, il est nommé PDG de Morpho (électronique de sécurité) et président du conseil d’administration de Sagem.
Philippe Petitcolin, qui aurait été notamment préféré à Olivier Andriès, PDG de la filiale Turbomeca, selon Reuters, a donc exercé les plus hautes responsabilités dans les deux sociétés fondatrices de Safran. Il a lancé le moteur Leap, développé avec General Electric et successeur du CFM-56. Il aura la tâche délicate d’en assurer le succès, alors que CFM-56 est le moteur le plus vendu au monde.
Mais tout profil idéal qu’il soit, Philippe Petitcolin a 62 ans: la question de sa succession se posera donc bientôt pour le groupe, à moins d’une modification de la limite d’âge.
La nomination de Ross McInnes, directeur financier de Safran depuis 2009, aurait été, selon Reuters, plus discutée, notamment par l’Etat, premier actionnaire de Safran avec 22% de son capital. Le nom de Marc Ventre (DG délégué aux opérations) aurait également circulé.
Jean-Paul Herteman avait été choisi au poste de président du directoire en septembre 2007 par Francis Mer, lui-même nommé en janvier président du conseil de surveillance pour mettre un terme à la guerre au sein de Safran. PDG depuis 2011, il aura été l’artisan de l’intégration et de la pacification du groupe.
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