Safran décroche en Bourse sous le coup d’un chiffre d’affaires trimestriel décevant
La déception des opérateurs boursiers se paie au prix cher en ces temps de volatilité exacerbée. En témoigne la chute de 8% du titre Safran vendredi, à 22,2 euros, dans un marché haussier. La faute en incombe à la publication par le groupe français d’aéronautique et d'électronique d’un chiffre d’affaires trimestriel en progression organique de 4,2% (+5,2% en données brutes), à 2,73 milliards d’euros, contre 2,8 à 2,9 milliards attendus. Au premier semestre, la croissance organique s’était élevée à 7,1%.
Sur neuf mois, l’évolution des ventes (+6,2% et +7,2% respectivement) reste pourtant conforme à l’objectif du groupe d’une hausse annuelle «de l’ordre de 6 à 9%» (au cours moyen de 1,39 dollar pour un euro). Safran a d’ailleurs confirmé cette prévision, tout comme celle d’une hausse de 25 à 35% du résultat opérationnel courant (à un cours couvert cible de 1,37 dollar pour un euro) et d’un cash-flow libre représentant «environ un tiers» de ce résultat. Cela en intégrant désormais la contribution de l’américain L-1 Identity Solutions, repabtisé MorphoTrust, acquis au premier semestre.
Le groupe tire toujours parti du dynamisme de l’aéronautique civile. «Malgré les perturbations de la crise financière … il n’y a pas de retournement de tendance», s’est félicité le PDG Jean-Paul Herteman. Le moteur Leap de la coentreprise avec General Electric, CFM International, a été sélectionné pour équiper tant l’A320 neo d’Airbus que le 737MaX de Boeing et le C919 du chinois Comac. «Avec un carnet de commandes de plus de 2.000 moteurs, le Leap s’affirme comme le moteur préféré des compagnies aériennes» selon le dirigeant. De quoi conférer à l’activité du groupe une «bonne visibilité» selon CM-CIC Securities. Un sentiment qu’Oddo ne contredit pas en estimant que les perspectives 2011 sont «rassurantes» en dépit d’un troisième trimestre décevant. Le courtier souligne notamment la progression timide de 4,3% des ventes de pièces détachées de CFM International au trimestre écoulé. Les activités Défense et Sécurité ont en parallèle accusé au troisième trimestre un recul organique de leur chiffre d’affaires de 5,4 et 2,9%.
Quant aux discussions avec Thales concernant un échange d’actifs dans la défense, elles se poursuivent «dans un bon esprit» selon Jean-Paul Herteman, qui reconnaît qu’«avant de parler de valorisation, il faut être bien clair sur les questions de logique industrielle».
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