SABMiller passe en mode hostile pour prendre le contrôle de Foster’s

Maintenue à 9,5 milliards de dollars australiens, l’offre pourrait être jugée suffisante compte tenu d’un contexte sectoriel difficile
Yves-Marc Le Réour

Sans attendre la publication des résultats de Foster’s dans moins d’une semaine, SABMiller a décidé de soumettre sa proposition de rachat du brasseur australien à ses actionnaires, la transformant de facto en opération hostile. Constatant que les dirigeants de Foster’s n’ont montré «aucune volonté de s’engager», le groupe britannique maintient le niveau de son offre à 9,5 milliards de dollars australiens (6,9 milliards d’euros), soit 4,9 dollars australiens par action «moins le montant du dividende distribué ou déclaré ultérieurement par Foster’s», précise SABMiller.

L’offre sera déposée auprès du régulateur boursier australien, avant d’être notifiée deux semaines plus tard aux actionnaires de Foster’s. Alors qu’il était initialement valorisé 12,5 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) estimé pour l’année en cours, Foster’s a depuis lors annoncé qu’il recevrait un remboursement de 390 millions de dollars australiens après être ressorti vainqueur d’un litige avec le fisc. «Ceci réduit le multiple d’acquisition à 11,8 fois l’Ebitda estimé pour 2011», selon Investec Securities. Soit une décote de 9% par rapport à la moyenne des grandes transactions dans l’industrie brassicole depuis 5 ans et de 1,2% par rapport au dernier cours de clôture de l’action Foster’s.

Néanmoins, «en l’absence d’une offre plus agressive, le niveau proposé par SABMiller pourrait être suffisamment attrayant si les chiffres de Foster’s ressortent dans la moyenne du consensus», commente Sean Fenton, gérant de fonds chez Tribeca Investment Partners à Sydney. Hors exceptionnels, le bénéfice net annuel à fin juin du brasseur australien est attendu en repli de 2% à 697 millions de dollars australiens. L’arrivée d’un chevalier blanc apparaît d’autant plus hypothétique que le contexte opérationnel et boursier est difficile pour certains intervenants du secteur.

Quatrième brasseur mondial, le danois Carlsberg a ainsi vu son titre chuter de 17,5% hier après la publication de résultats trimestriels décevants, qui l’ont conduit à revoir en forte baisse sa prévision de résultat pour 2011. Pénalisé par un marché de la bière russe désormais attendu en recul et par la détérioration de sa position concurrentielle dans ce pays, il table dorénavant sur une hausse de son bénéfice net ajusté comprise entre 5% et 10% contre une progression de 20% auparavant attendue.

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