S&P met un point final à l’évolution de ses critères de notation des corporates
Standard & Poor’s touche au but quant à l’évolution de ses critères de notation des émetteurs non financiers corporates et utilities. Une réforme de longue haleine passée par une phase de consultation ayant occasionné des contacts avec 2.000 acteurs du marché depuis le mois de juin. L’agence ne prétend pas à une révolution mais à des nécessaires ajustements sur de nombreux critères, afin notamment de renforcer la comparabilité des notations à l’échelle mondiale.
Pour Mark Puccia, le responsable des critères chez S&P, le cadre de notation modifié «se fonde sur les pierres angulaires d’analyse que sont l’évaluation des risques opérationnels et financiers tout en renforçant notre approche prospective». Une attention particulière reste portée à l’analyse des risques propres aux pays et aux secteurs. La grille de critères évolue ainsi par exemple sur des points comme la position concurrentielle ou la stratégie financière d’un émetteur. L’agence souligne que les nouveaux critères sont applicables immédiatement.
Blaise Ganguin, responsable Europe de la notation des corporates chez S&P, assure que «la motivation pour le changement de ces méthodologies est surtout de les perfectionner». «Notre souhait est vraiment de renforcer la cohérence d’ensemble des notes tout en préservant la primauté du jugement analytique», indique le dirigeant, qui souhaite de la sorte «permettre une meilleure compréhension du processus de notation».
Mais les changements de notation du fait de la grille modifiée de critères seront «modestes» selon S&P. L’agence estime pouvoir boucler au cours des prochaines semaines la revue de l’ensemble de l’univers concerné, soit 4.000 notations, qui seront dans l’intervalle affublées du suffixe «UCO» (under criteria observation). 500 des 4.500 notes de corporates dans le monde sont ainsi exclues du périmètre de la révision, notamment les émetteurs spécialistes du financement de projets ou les courtiers en matières premières.
L’agence évalue à 5% la part des notes qui seront modifiées, soit 200 notations. 75% de ces évolutions devraient être positives, et 90% des changements se feront sur un cran seulement de l’échelle de notation. Aucun secteur, pays ou niveau de notation ne devrait concentrer une part significative des changements. Carol Sirou, présidente de S&P France, relève que cet impact est moindre que celui prévu initialement.
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