Ryanair profite de la hausse des tarifs pour relever ses objectifs annuels

La compagnie aérienne vise 480 millions d’euros de résultat net sur son exercice clos fin mars 2012, contre 400 millions prévus initialement
Bruno de Roulhac

Une nouvelle fois, Ryanair relève sa prévision de bénéfice annuel. La compagnie aérienne irlandaise table désormais sur 480 millions de résultat net sur son exercice clos fin mars 2012, contre un objectif initial de 400 millions révisé à 440 millions en novembre dernier. Le consensus Bloomberg n’est encore qu’à 452 millions. Ryanair invoque l’avance prise, avec un bénéfice net de 15 millions au troisième trimestre, alors que le consensus anticipait une dégradation avec 16 millions de pertes!

Cette performance est due aux conditions météorologiques favorables, et surtout à la hausse des tarifs, en moyenne de 17% sur le trimestre (y compris les frais sur bagages), tandis que les revenus auxiliaires progressent de 8% sur une base unitaire. Ce mouvement de hausse des tarifs «peut se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année civile 2012», estime Oddo. «La récession en Europe, les prix élevés du pétrole, l’échec du modèle des tour-opérateurs, l’augmentation de tarif des concurrents et les réductions de capacité, ont créé d’énormes opportunités de croissance pour Ryanair», a expliqué Michael O’Leary, directeur général de Ryanair.

Ces hausses de prix permettent à la compagnie à bas coûts de compenser à la fois la réduction de ses capacités et la hausse du prix du kérosène. De fait, sur le trimestre, les coûts unitaires ont augmenté de 11%, en raison principalement d’un bond de 18% des charges de carburant, mais reculent de 1% ajustés de l’augmentation de la distance franchissable. Désormais, Ryanair est couvert à 90 % pour le premier semestre 2013 (avril à septembre 2012) autour de 99 dollars le baril, et à 70% pour le second semestre autour de 100 dollars le baril. A ces niveaux, la compagnie évalue sa facture carburant 2013 à 350 millions d’euros.

Le modèle économique des compagnies à bas coûts affirme ainsi sa viabilité en temps de crise. La semaine dernière EasyJet a annoncé une hausse de 17% de son chiffre d’affaires sur les trois derniers mois de l’année, grâce notamment à une augmentation de sa clientèle affaires. En revanche, les compagnies aériennes historiques souffrent. Lufthansa avait annoncé en septembre renoncer à son objectif de résultat opérationnel 2011, tandis qu’Air-France KLM vient de lancer un plan sur trois ans pour restaurer sa rentabilité.

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