Ryanair attend Aer Lingus de pied ferme pour poursuivre sa marche en avant
Dans le sillage de sa concurrente britannique EasyJet, qui a annoncé la semaine passée une progression de 9,2% de son chiffre d’affaires trimestriel à fin décembre, la compagnie aérienne irlandaise Ryanair s’est targuée hier de résultats flatteurs.
A tel point que le numéro un européen du low cost aérien a relevé son objectif de bénéfice net pour l’exercice à fin mars. Les deux sociétés tirent parti des réductions de capacités consenties de force par les compagnies historiques contre lesquelles elles livrent bataille sur les prix. Un pari gagnant en ces temps de morosité du consommateur. A Londres et à Dublin, les titres EasyJet et Ryanair évoluent à des plus hauts historiques.
Avec 17,3 millions de passagers sur le trimestre écoulé (+3%), un prix moyen du billet en hausse de 8% à 50 euros, le chiffre d’affaires de Ryanair a bondi de 15% à 969 millions d’euros. Cela sur fond d’activité plus soutenue que prévu notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en Scandinavie, et en dépit de déceptions en Europe du Sud, particulièrement en Espagne. Le résultat net a progressé de 21% à 18,1 millions, malgré une hausse de 81 millions de la facture carburant. Sur l’ensemble de l’exercice à fin mars, la compagnie aérienne vise désormais un bénéfice proche de 540 millions (+7%), contre une précédente fourchette de 490 à 520 millions, malgré un discours prudent sur l’activité du trimestre en cours. Faute de nouvelle commande d’appareils en vue pour l’instant, le nombre de passagers devrait en outre croître de 2 à 3% sur l’exercice 2013-2014 contre un gain de 4% attendu cette année.
Dans ce contexte, Ryanair poursuit sa longue quête du rachat de sa compatriote Aer Lingus. La troisième offre, de 694 millions d’euros, annoncée en juin, est bloquée par l’hostilité du conseil d’administration de la cible (dont Ryanair détient déjà 30%) mais surtout par une enquête de la Commission européenne qui s’inquiète de l’impact sur la concurrence.
Ryanair a confirmé hier avoir soumis à Bruxelles des solutions «radicales et sans précédent», selon les mots de son directeur général Michael O’Leary, passant par l’acquisition d’actifs d’Aer Lingus par deux acheteurs. Flybe a récemment fait part de son intérêt. Ryanair espère dès lors obtenir l’approbation de la Commission début mars afin de pouvoir concrétiser l’opération qui donnera naissance à un nouveau champion irlandais du transport aérien.
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