RWE évoque un report de la cession de sa filiale d’hydrocarbures
Le groupe allemand doit vendre Dea à des investisseurs russes. Londres refuse de donner son feu vert en raison du conflit ukrainien.
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Antoine Duroyon
Le processus de vente de la filiale d’hydrocarbures de RWE connaît quelques ratés. Le ministre britannique à l’Energie et au Changement climatique Ed Davey refuse pour le moment de signer une «lettre de confort» permettant la cession d’actifs à un consortium emmené par le magnat russe Mikhail Fridman. L’opération est évaluée à 5,1 milliards d’euros. «Nous ne pouvons pas prédire si nous serons en mesure de finaliser les discussions cette année», explique dans une lettre aux actionnaires le président du directoire de RWE Peter Terium.
La filiale RWE Dea, basée à Hambourg, doit être le premier investissement significatif dans les hydocarbures effectué par la société d’investissement LetterOne mise sur pied par Mikhail Fridman et son compatriote German Khan. Les deux investisseurs se sont associés afin d’investir une partie des 14 milliards de dollars tirés de la vente de leur participation dans TNK-BP, l’ancienne filiale russe de BP, à la compagnie publique Rosneft. Le projet est aujourd’hui entravé en raison du conflit au sujet de l’Ukraine, et cela même si Mikhail Fridman et German Khan ne sont pas visés par les sanctions occidentales.
Selon une source proche des négociations citée par le New York Times, le consortium cherche à obtenir du gouvernement britannique une lettre lui garantissant qu’il ne sera pas visé par des mesures punitives, comme par exemple un blocage de la production sur les gisements en mer du Nord. RWE, qui compte sur cette cession pour réduire sa dette de 30,7 milliards d’euros, reconnaît qu’il est possible d’exclure les actifs britanniques de la transaction. Mais ceux-ci en constituent un morceau de choix, en particulier le champ gazier de Breagh, dont l'énergéticien allemand détient 70%. «Ce report est mauvais pour le sentiment du marché mais guère surprenant», estime Kepler Cheuvreux. L’action RWE a cédé 2,15% à 26,88 euros hier à la Bourse de Francfort.
Le groupe allemand a par ailleurs publié hier ses résultats du troisième trimestre. Après avoir passé d’importantes dépréciations, RWE a renoué avec les profits. Le bénéfice net ressort à 14 millions d’euros. Mais le résultat net récurrent, un indicateur utilisé pour le calcul du dividende, a chuté de 60% sur les neuf premiers mois de l’année à 763 millions d’euros.
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