RWE est contraint à un traitement de cheval pour financer la sortie du nucléaire
RWE ne va finalement pas échapper à une augmentation de capital. Le producteur allemand d'électricité a annoncé hier après-midi un projet de levée de fonds de 2,5 milliards d’euros. Le calendrier de l’opération n’est pas arrêté et dépendra des conditions de marché. Aux cours d’hier, elle représente un peu moins de 15% de la capitalisation boursière du groupe. L’augmentation de capital ne constitue pas une surprise. Depuis plusieurs semaines déjà, les analystes s’attendaient à une telle mesure alors que le projet du gouvernement allemand de sortir du nucléaire d’ici à 2020 va considérablement peser sur la génération future de résultats de RWE et de son concurrent E.ON, avec pour conséquence de fragiliser leur bilan (L’Agefi du 4 août). Le groupe exploite 5 des 17 réacteurs nucléaires allemands.
Mais pour RWE, l’augmentation de capital ne suffira pas. Elle sera accompagnée de trois mesures financières supplémentaires. Tout d’abord, un renforcement du programme de cessions d’actifs. En février, l'électricien s'était donné un objectif de 8 milliards d’euros. Le chiffre est porté à 11 milliards à l’horizon fin 2013. Cela concerne des centrales thermiques mais aussi son réseau de transport de gaz à longue distance (Net4Gas), sa participation de 49% au capital de Berlinwasser aux côtés de Veolia Environnement, et différentes activités en Allemagne. Seconde mesure supplémentaire: la compression des investissements. Cela passera par la mise en œuvre de nouveaux modèles de partenariats dans les métiers de l'énergie mais aussi par une réduction des dépenses programmées. RWE compte ainsi économiser 5 milliards par an en 2012 et en 2013, puis 4 milliards les années suivantes. Enfin, le plan d’efficacité opérationnelle sera durci de 100 millions d’euros supplémentaires jusqu'à fin 2012. Un nouveau plan prendra alors le relais.
La direction de RWE devrait donner plus de détails sur son plan de recapitalisation jeudi, lors de la publication des résultats semestriels. Pour autant, son annonce hier n’a pas modifié l’opinion de S&P. L’agence a maintenu à négative la perspective associée à la note A-, estimant que la réussite du désendettement reste soumise aux conditions de marché et présente des risques d’exécution.
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