RWE cherche par tous les moyens à éviter une augmentation de capital
RWE est à la recherche d’argent frais. Endetté et pris à contre-pied par la décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire d’ici à 2022, le producteur d’électricité allemand s’est lancé dans une politique de cessions d’actifs afin de récolter environ 8 milliards d’euros. Après la vente de son réseau à haute tension en Allemagne, le groupe aurait engagé la cession de sa filiale britannique Npower. Selon la rumeur, il aurait confié le mandat à Goldman Sachs. La direction de RWE ne commente pas. L’aspect concurrentiel risque de compliquer le dossier. Même si le marché britannique compte six grands énergéticiens, le régulateur a récemment engagé une procédure visant à accentuer la concurrence.
Selon les analystes de CreditSights, en partant sur une valorisation d’environ une fois le capital investi, «ce qui n’est pas un multiple excessif», la cession de Npower pourrait se faire aux environs de 5,5 milliards d’euros. Avec le milliard récolté de la vente du réseau à haute tension, RWE ferait un grand pas vers son objectif de désendettement. Au 31 décembre 2011, l’électricien portait une dette nette de 28,96 milliards d’euros, pour des fonds propres de 17 milliards. Un tiers de sa dette est exigible entre 2011 et 2014. Surtout, le plan allemand, qui prévoit l’instauration d’une taxe nucléaire, fera monter le multiple dette nette sur Ebitda au-dessus de 4 en 2012, contre 2,8 fois en 2010, rappelle le courtier Raymond James.
Les analystes de Cheuvreux et du Credit Suisse estiment que la vente de Npower permettrait au groupe d’éviter une augmentation de capital qui s’annoncerait fortement dilutive aux cours actuels. Le secteur des «utilities» est déjà au plus bas depuis cinq ans par rapport à l’indice Stoxx 600. RWE fait partie des plus mauvais de la classe avec une chute de 40% sur cette même période.
La cession de cette filiale serait même positive pour le compte de résultats. Déficitaire, aussi bien dans la distribution que dans la production d’énergie, elle a essuyé l’an dernier une perte d’exploitation de 90 millions d’euros, soit le pire résultat des «big six» de l’énergie britannique. Selon CreditSights, la filiale a détruit 1 milliard d’euros de valeur depuis son acquisition par RWE en 2002 pour un montant de 3,1 milliards de livres (3,45 milliards d’euros).
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