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RTE veut éviter que ses investissements ne fassent déraper sa dette
RTE veut éviter que ses investissements ne fassent déraper sa dette
Le gestionnaire du réseau de transport de l'électricité se finance à des taux historiquement bas. Mais sa dette va augmenter de 1,5 milliard d’euros
Publié le
Olivier Pinaud
RTE ne s’était jamais financé aussi peu cher. Notée A+ par S&P, la filiale à 100% d’EDF chargée de gérer le réseau de transport haute tension et très haute tension de l’électricité en France a placé la semaine dernière 500 millions d’euros d’obligations à 10 ans avec un coupon de 2,875%. «La moitié des titres a été placée auprès d’investisseurs étrangers, une proportion que nous n’avions jamais connue lors de nos six précédentes émissions», précise à L’Agefi Philippe Dupuis, le directeur financier de RTE.
Le profil du groupe est sécurisé par des tarifs réglementés, fixés tous les quatre ans par la Commission de régulation de l’énergie et censés couvrir ses coûts. Le dernier tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe) est entré en vigueur en août 2013.
Le coût de la dette, de l’ordre de 4,5% au total, ne constitue par la principale préoccupation de Philippe Dupuis. «Face à la hausse des investissements pour répondre à l’évolution du réseau et à la transition énergétique, notre enjeu est de maintenir le volume de la dette afin que le poids de son remboursement reste supportable», explique le directeur financier de RTE.
Avec des investissements annuels de plus de 1,4 milliard d’euros par an, le modèle économique arrêté dans le dernier Turpe prévoit une augmentation d’environ 1,5 milliard d’euros de la dette, en plus des 6,9 milliards actuels. Pour conserver la notation A+, l’objectif est de maintenir le ratio cash-flows opérationnels (FFO) sur dette autour de 13%. Une gestion plus rigoureuse des charges constitue un des leviers du groupe.
Dans ce contexte, une ouverture du capital pourrait aider, d’autant que la demande des investisseurs ne manque pas pour ce type d’actifs régulés, comme le montrent les récentes opérations sur les réseaux gaziers GRTgaz ou TIGF. «Il n’y a pas de dossier ouvert», coupe Philippe Dupuis, même si la décision finale reviendrait à EDF et à l’Etat, son principal actionnaire. EDF a régulièrement affirmé que son désendettement pouvait se faire sans cessions d’actifs. De plus, la moitié du capital de RTE est placé dans le portefeuille d’actifs d’EDF dédiés au financement du démantèlement des centrales nucléaires, ce qui lui a permis, avec le changement de gouvernance associé, de déconsolider la dette de RTE. Fin 2012, RTE était valorisée 4,78 milliards d’euros dans les comptes d’EDF au regard des 33,7 milliards d’euros de dette nette.
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