Roland Berger tourne le dos à la consolidation des cabinets de conseil
Small is beautiful. C’est le slogan que pourrait choisir le cabinet de conseil Roland Berger. Mercredi soir, ses 250 associés ont rejeté à une écrasante majorité un projet de fusion avec le gérant de l’audit EY, en discussion il y a quelques mois.
Le groupe d’origine allemande a par la même occasion affirmé sa volonté de «rester indépendant» après une série de pourparlers avec deux autres Big Four de l’audit: Deloitte, dont les avances ont été refusées en 2010 et qui a racheté le cabinet Monitor l’an dernier; puis PwC qui va finalement absorber Booz & Co, dont les associés doivent se prononcer aujourd’hui et officialiser leur position d’ici à début janvier.
Roland Berger met fin à trois années d’incertitudes sur son avenir, en refusant de courir de perdre son identité après son rachat, à l’instar d’autres cabinets absorbés par des groupes d’audit ou industriels. Pour autant, ses quelque 900 millions d’euros de chiffre d’affaires ne lui permettent pas de rivaliser avec les américains McKinsey, BCG ou Bain, leaders mondiaux du conseil en stratégie. Roland Berger pointe plutôt en bas du Top 20. Avec 2.700 consultants dans 36 pays, le groupe fondé à Munich en 1967 reste très européen et peu présent en Amérique du Nord. Outre l’Allemagne, qui concentre 40% des revenus selon Reuters, le cabinet est très présent en France où il compte 350 personnes, dont 36 associés.
Le nouveau directeur général du groupe, Burkhard Schwenker (déjà en poste de 2004 à 2010) va devoir rétablir la confiance en interne et auprès des clients. Sa nomination ne serait pas étrangère à la rupture des discussions avec EY héritées de son prédécesseur, parti cet été officiellement pour raisons de santé. Depuis, Roland Berger a lancé plusieurs chantiers pour assainir ses finances. Les équipes de corporate finance et de restructuring ont par exemple été fusionnées, a révélé le magazine allemand Manager Magazin. Le marché russe sera désormais suivi d’Allemagne et d’autres bureaux pourraient fermer.
En Asie, le nombre de pays couverts pourrait passer de six à trois (Chine, Japon et Indonésie), confie à L’Agefi une source proche du groupe qui assure qu’«il n’y pas de plan de licenciement» à l’échelle du groupe. Le cabinet aurait aussi obtenu la baisse du taux d’un prêt mezzanine de 50 millions d’euros, accordé il y a trois ans par son fondateur Roland Berger, indique Manager Magazin. Il compte aussi redynamiser sa politique de dividendes pour fidéliser ses associés.
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle