Rio Tinto veut voir au-delà des délicates turbulences à court terme
Rio Tinto «continue de vendre tout ce qu’il peut produire», a claironné hier son directeur général Tom Albanese à l’occasion d’une présentation aux investisseurs depuis Sydney. Il n’empêche que le dirigeant du géant minier a avant tout tenu à dévoiler un message de prudence à court terme, sur fond de «nervosité» des clients «face aux incertitudes économiques mondiales».
De quoi craindre la poursuite d’un «affaiblissement général des prix» des matières premières. Un flou préoccupant, d’autant que le groupe subit une «escalade des coûts» ainsi qu’une vigueur des devises australienne et canadienne. Déjà, l’aluminium « se négocie désormais bien en-deçà du coût marginal de production au sein du secteur» a souligné Tom Albanese, qui estime néanmoins que le résultat sous-jacent d’Alcan devrait atteindre l’équilibre au semestre en cours. Le discours de Rio Tinto fait écho à celui du rival BHP Billiton, qui a récemment mis en avant un accès au crédit plus délicat pour certains clients.
Rio Tinto veut croire tout de même que l’horizon reste très prometteur à long terme, une fois dissipés les nuages d’une crise dont les effets restent «gérables» selon le patron du mastodonte. «A moins que les marchés financiers ne se détériorent encore significativement» précise-t-il.
Le groupe minier entend préparer l’avenir, marquée par une croissance durable de la demande chinoise, avec un budget d’investissement en hausse l’an prochain, à 14 milliards de dollars contre 12 milliards en 2011. Encore ce chiffre est-il susceptible d’augmenter. Rio Tinto poursuit également son plan de redressement d’Alcan, vers une marge opérationnelle (Ebitda) de 40% visée en 2015. La demande mondiale pour ce produit devrait croître de 6% par an jusqu’en 2020.
Et dans le minerai de fer, Rio Tinto souhaite contribuer à hauteur d’un quart à la hausse de l’offre mondiale qu’il estime devoir être de 100 millions de tonnes pour chacune des huit prochaines années afin de satisfaire la demande et les besoins de remplacement des capacités de production. Un vœu de dynamisme qui pourra être exaucé grâce au concours de la croissance externe, comme n’a pas manqué de le souligner Sam Walsh, patron du minerai de fer chez Rio Tinto. La crise européenne de la dette ne manquera pas selon lui d’alimenter le fleuve des opportunités d’acquisitions que le groupe a les moyens de saisir.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. 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