Rio Tinto s’engage à réduire de plus de moitié ses investissements sur trois ans

Le désendettement d’un tiers prévu par le groupe minier d’ici à fin 2014 lui permettra de mettre l’accent sur la rémunération des actionnaires
Yves-Marc Le Réour

Les changements engagés par Rio Tinto dans sa stratégie d’allocation du capital seront amplifiés au cours des prochaines années. C’est l’un des principaux messages du groupe minier qui organisait hier à Sydney une présentation auprès des investisseurs. Rio Tinto va en effet diminuer de plus de 20% par an ses investissements industriels sur la période 2012-2015.

Son budget s’élèvera à environ 8 milliards de dollars en 2015, contre 17,6 milliards investis l’an dernier. Les gains de productivité attendus permettront d’augmenter les volumes de production de ses mines de fer dans l’Ouest australien à 330 millions de tonnes par an au minimum à cette échéance, soit une hausse de 14% en 3 ans, tout en économisant 3 milliards de dollars d’investissements.

A plus court terme, la baisse de 800 millions de dollars des dépenses de prospection sur les dix premiers mois de l’année est déjà supérieure à l’objectif de 750 millions visé pour l’ensemble de l’exercice. Le groupe anglo-australien sera donc en mesure d’atteindre les 2 milliards d’économies de coûts prévues pour 2013. «La baisse des dépenses concerne toutes les activités à l’exception du minerai de fer», commente Evan Lucas, stratégiste chez IG Markets à Melbourne. Rio Tinto aura également cédé 3,3 milliards de dollars d’actifs non stratégiques sur l’ensemble de l’année.

Ces initiatives déboucheront sur un désendettement accéléré du groupe, le directeur financier Chris Lynch tablant sur une dette nette ramenée aux alentours de 15 milliards de dollars d’ici à fin 2014, contre un endettement net de 22 milliards au 30 juin dernier. Ce renforcement de la structure de bilan «permettra au conseil d’administration de mettre l’accent sur la rémunération des actionnaires», ajoute celui-ci.

S’il continue de voir «une fragilité et une volatilité» de ses principaux marchés, le directeur général Sam Walsh est de son côté rassuré par les décisions récentes de Pékin en faveur d’une poursuite graduelle des réformes, «ce qui diminue la probabilité d’un retournement brutal» de l’économie du pays. La demande d’acier en provenance de Chine devrait donc croître de 7,5% à 700 millions de tonnes en 2013. A cela s’ajoute le développement d’autres marchés émergents asiatiques, sud-américains ou africains, qui contribueront à stimuler la demande à moyen terme pour les produits du groupe.

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