Rio Tinto fait fi des turbulences en vantant l’avenir prometteur du minerai de fer

Le groupe minier confirme des investissements de 4,2 milliards de dollars en Australie et en Guinée, sur fond de demande chinoise radieuse à long terme
Benoît Menou

Rio Tinto ne veut rien manquer de la progression à long terme de la demande chinoise en minerai de fer. «Bien conscient», selon son directeur général Tom Albanese, des «incertitudes à court terme» frappant l’environnement économique, le groupe n’en a pas moins confirmé hier l’ampleur de son programme d’investissements. En l’occurrence, le groupe minier a précisé son engagement pour deux projets concernant le minerai de fer en Australie, pour 3,7 milliards de dollars, et en Guinée, pour 500 millions. Le dirigeant veut croire en effet que ces projets stratégiques gardent toute leur pertinence «sous n’importe quel scénario macroéconomique probable».

Patron de l’activité de minerai de fer, Sam Walsh souligne que le groupe reste confiant «pour les perspectives de moyen à long terme» d’une demande «portée par la croissance persistante de la consommation chinoise». La sidérurgie chinoise est en effet un débouché privilégié, particulièrement au départ de mines australiennes ou par le biais de la coentreprise créée en Guinée avec le géant chinois de l’aluminium Chinalco. Le dirigeant a confirmé hier sa prévision d’une hausse de la production chinoise annuelle d’acier de 700 millions de tonnes aujourd’hui à un milliard d’ici 2030.

L’annonce de Rio Tinto, qui devrait lui permettre d’augmenter d’un quart sa production de minerai de fer d’ici 2016, est d’autant plus volontariste que, comme le rappelle Sam Walsh, la hausse de la demande en minerai de fer s’accompagne de craintes croissantes sur la demande, «certains projets importants de concurrents ayant récemment été retardés ou ajournés». Le mois dernier, BHP Billiton a renoncé à son plan d’investissement quinquennal de 80 milliards de dollars.

Rio Tinto conserve pourtant ses marges de manœuvre, Tom Albanese soulignant que le groupe doit faire preuve de «flexibilité» sur ses investissements afin de préserver sa notation crédit auprès des agences et être capable d’assurer une progression du dividende versé aux actionnaires.

Au sein du secteur, certains d’entre eux plaident en effet pour une mise entre parenthèses des projets phares en ces temps de bourrasques économiques et pour le versement de dividendes exceptionnels. Mais le dirigeant assure que les projets dévoilés hier ne modifient pas sa prévision d’investissement en capital de quelque 16 milliards pour cette année.

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