Richemont a évité les turbulences de cet été

Le chiffre d’affaires du numéro deux mondial du luxe a bondi de 35 % lors des cinq premiers mois de son exercice. La fin d’année est difficile à prédire
Olivier Pinaud

Jusqu’ici tout va bien. Alors que des turbulences ont secoué tout l’été les plus grandes économies mondiales, la Compagnie financière Richemont n’a pas constaté de dégâts collatéraux sur son activité. Le deuxième groupe mondial de luxe derrière LVMH, connu pour ses marques Cartier, Van Cleef & Arpels ou bien encore Mont-Blanc, a même largement étonné les analystes en annonçant hier une hausse de 35% de son chiffre d’affaires à taux de changes constants sur la période courant d’avril à août. A taux de change réels, la croissance ressort à 29%. «Cette performance solide ne constitue pas une réelle surprise compte tenu de ce que d’autres groupes de luxe, comme Hermès ou Tiffany, ont pu annoncer et des statistiques du secteur. Mais cela souligne que Richemont a fait mieux que ses concurrents sur cette période, au moins d’un point de vue des ventes», apprécient les analystes de Credit Suisse.

Au niveau du résultat net, la surperformance risque d’être moins marquée. D’une part, le premier semestre de l’exercice 2010-2011 avait profité de l’apport de bénéfice de l’acquisition de Net-A-Porter, soit 101 millions d’euros, rappelle Natixis. Ensuite, la forte appréciation du franc pendant la période aura un effet négatif sur les coûts et devrait entraîner des pertes de change comptables sur le portefeuille de participations, ajoute le courtier Raymond James. La direction de Richemont a prévenu que, pour ces raisons, le bénéfice net devrait être globalement en ligne avec les chiffres de l’année précédente même si la décision avant-hier de la Banque nationale suisse d’imposer un plafond au franc face à l’euro constitue un bonne nouvelle pour Richemont et les autres exportateurs helvétiques.

Si août n’a pas marqué de rupture de tendance, Johann Rupert, le PDG de Richemont, s’est voulu prudent hier devant les actionnaires lors de l’AG. «Le reste de l’année est difficile à prédire», explique-t-il, en raison des difficultés de la zone euro, des déficits budgétaires et des risques de contagion aux économies en croissance. Une prudence qui ne surprend pas Cheuvreux, qui maintient Richemont dans sa liste des valeurs préférées. Le courtier rappelle que même si le groupe de luxe suisse dégage une croissance zéro au second semestre, ce qui lui semble très pessimiste, il affichera tout de même une progression annuelle de plus de 10%.

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