Repsol réoriente ses investissements en Amérique latine
Le Brésil plutôt que l’Argentine. C’est la stratégie que suit le géant espagnol des hydrocarbures Repsol en Amérique latine. Le groupe a formalisé vendredi son projet de cession de 15% du capital et des droits de vote de sa filiale YPF. En se délestant d’un maximum de 58,9 millions d’actions de classe D ou ADS (american depositary shares) pour 39,93 dollars l’unité, Repsol (y compris ses affiliés Repsol YPF Capital et Caveant) pourrait récolter jusqu’à 2,35 milliards de dollars. A New York, l’ADS d’YPF accusait hier soir un repli de 1,9% à 39,5 dollars.
Trois ans après la cession d’un bloc de 15% à la famille Eskenazi, qui a pris les rênes opérationnelles du premier producteur de brut en Argentine, l’opération ramènerait la part de Repsol autour de 70% du capital. L’objectif à terme consiste à descendre à 51%, sachant que la famille Eskenazi dispose jusqu’en 2012 d’une option d’achat portant sur 10% supplémentaires. En avril dernier, le directeur général Antonio Brufau avait fait part de son intention de réduire le poids de Repsol au sein d’YPF «au plus tôt».
L’opération annoncée en fin de semaine dernière se déroulera en fonction de «l’appétit du marché» et permettra d’accroître la liquidité des titres, a expliqué un porte-parole de Repsol. Selon le document F-3 enregistré auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité américaine des marchés, les échanges pourront se faire de gré à gré ou sur toute place et plate-forme de trading où sont négociées les actions ou ADS.
La stratégie ainsi poursuivie vise à se désengager d’une région déjà largement exploitée au profit de zones plus prometteuses. La production annuelle en pétrole et en gaz d’YPF n’a cessé de décliner chaque année depuis 1999, sauf en 2003 ainsi que sur les neuf premiers mois de 2010.
La manne retirée de cet appel au marché doit permettre d’orienter les investissements vers les champs offshore de Guara et Carioca au Brésil, situés à proximité du champ géant de Tupi. Dans ce pays, la filiale locale de Repsol peut également compter sur le soutien du chinois Sinopec. Ce dernier a prévu de participer à un projet d’augmentation de capital à hauteur de 7,1 milliards de dollars. Un ticket qui lui permettra de détenir in fine 40% du capital de Repsol Brasil.
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