Renault scelle enfin son accord de partenariat avec Dongfeng
Au terme de presque une décennie de négociations, Renault décroche un précieux sésame en Chine. Le constructeur français a reçu dans la nuit de mercredi à jeudi l’approbation de la National Development & Reform Commission pour son projet de coentreprise avec Dongfeng. Les deux partenaires investiront 7,76 milliards de yuans (934 millions d’euros) dans Sangjiang Renault, une société en sommeil établie par le groupe français en 1993 avec China Sanjiang Space Industry Group.
La structure, renommée Dongfeng Renault Automotive, sera détenue à parité par les deux groupes. Elle sera basée à Wuhan, dans le province du Hubei, alors que Nissan, le partenaire de Renault au sein de l’alliance, s’est jusqu'à présent développé dans la province du Guangdong.
Renault et Dongfeng projettent de bâtir une usine de fabrication et d’assemblage leur permettant d'écouler dans un premier temps 150.000 véhicules par an. Ils pourraient également produire à terme des équipements. «A priori, tous les véhicules produits en Chine seront développés sur la nouvelle plate-forme modulaire CMF1 commune à Renault et Nissan pour les segments C et D et il s’agira surtout de SUV dont les Chinois sont très friands», souligne Oddo Securities. Renault va de plus pouvoir s’appuyer sur le réseau de Nissan (équipementiers, concessionnaires...), qui développe lui aussi une coentreprise à parité avec Dongfeng.
Renault affichait jusqu’alors une présence modeste en Chine, avec 20.000 véhicules vendus sur les dix premiers mois de 2013, principalement importés de Corée, rappelle Kepler Cheuvreux. Le courtier entrevoit ainsi à moyen terme des projets bien plus ambitieux que ce premier jalon de 150.000 véhicules. Dans son communiqué, Dongfeng regarde d’ailleurs au-delà des frontières chinoises, indiquant vouloir créer une coentreprise «compétitive à l'échelle mondiale».
Les derniers contacts tangibles entre Renault et Dongfeng remontent à mars 2012, lorsque les deux groupes ont signé une lettre d’intention portant sur l'étude d’opportunités de collaboration. C’est-à-dire bien avant que PSA Peugeot Citroën, sous la contrainte, ne vienne négocier auprès de son partenaire Dongfeng une bouffée d’oxygène encore en suspens. A l'époque, Carlos Tavares était le numéro deux de Renault. L’ancien bras droit de Carlos Ghosn s’apprête aujourd’hui à rejoindre PSA Peugeot Citroën.
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