Renault prépare l’intérim de Carlos Ghosn
Un intérim se prépare à la tête de Renault, suite à l’arrestation au Japon de son PDG Carlos Ghosn pour des malversation chez Nissan, dont il est également le président. Le conseil d’administration se réunira ce soir, a confirmé le groupe automobile français, sans ajouter de précisions sur l’ordre du jour. Mais le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a déclaré ce matin sur France Info que Carlos Ghosn, toujours en garde à vue au Japon, n'était «de fait plus en état de diriger le groupe». Il a ajouté qu’il demanderait à l’administrateur référant Philippe Lagayette et aux représentants de l’Etat au conseil d’administration de Renault de mettre en place une gouvernance intérimaire. «En revanche, nous n’allons pas demander le départ formel de M. Ghosn du conseil d’administration pour une raison qui est simple, nous n’avons pas de preuve et nous sommes dans un Etat de droit», a-t-il précisé, ajoutant que la France avait vérifié la déclaration fiscale du chef d’entreprise et n’avait découvert «rien de particulier». Le ministre français a également prévu de contacter son homologue japonais.
La nomination d’un intérim pourrait être l’occasion de scinder les fonctions de président et de directeur général, ce à quoi appelaient de longue date plusieurs investisseurs, analystes financiers ou sociétés de conseils de vote en AG. Thierry Bolloré, ancien directeur de la compétitivité de Renault, a été nommé directeur général adjoint en février dernier et faisait figure de successeur possible à Carlos Ghosn. «Nous avons aujourd’hui un directeur général délégué, M. Thierry Bolloré, qui est de grande qualité, on verra ce que le conseil d’administration décide», a déclaré Bruno Le Maire. Dans ce cas, Thierry Bolloré prendrait alors le poste de directeur général, tandis qu’un président non exécutif serait nommé. La société de conseil de vote en AG Proxinvest souhaiterait que ce dernier soit indépendant, c’est-à-dire lié ni à Renault ni à l’un de ses actionnaires. Selon BFMTV, le nom de Patrick Thomas circule: l’ancien président de la gérance d’Hermès est actuellement président du comité des rémunérations.
Alors que des questions se posent sur l’avenir des relations entre Renault, Nissan et Mitsubishi (détenu à 34% par Nissan), puisque Carlos Ghosn est également PDG de Renault-Nissan BV (la structure qui met en musique les synergies entre les trois partenaires), Bruno Le Maire a également souhaité que l’alliance soit non seulement préservée, mais renforcée. Le directeur général de Mitsubishi Osamu Masuko a déclaré à des journalistes que l’alliance serait difficile à gérer sans Carlos Ghosn, en particulier tant que personne ne le remplace à la tête de Renault.
L’action Renault a continué à chuter ce matin, perdant jusqu'à 4,8% en matinée, pour réduire ses pertes à 2,4% en milieu de journée. A la Bourse de Tokyo, Nissan a terminé en baisse de 5,5% et Mitsubishi de 6,9%. L’agence de notation S&P Global a placé les notes de crédit A/A1 de Nissan sous surveillance négative, n’excluant pas de les dégrader d’un cran si, au fur et à mesure des développements de l’affaire, elle avait le sentiment que celle-ci aurait des conséquences sur la réputation du groupe et ses ventes de véhicules.
Plus d'articles du même thème
-
Le FEI investit 50 millions d’euros dans un fonds italien de résidences étudiantes
Le Fonds Européen d’Investissement est accompagné par une filiale de la Cassa Depositi e Prestiti dans le véhicule immobilier. -
L&G nomme Pauline Plunkett à la tête de la gestion d’actifs en Europe
Cette région pèse 100 milliards d’euros d’actifs pour le groupe britannique. -
Azimut poursuit ses acquisitions aux Etats-Unis
Le gestionnaire d’actifs italien a annoncé l’acquisition de Beanstox, une application d’investissement aux Etats-Unis.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier -
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance »