Renault paraît bien armé face à la pression négative sur les prix en Europe
Malgré la dégradation de son environnement sectoriel, le groupe Renault a tiré son épingle du jeu en 2011 en atteignant l’ensemble de ses objectifs. Grâce à la dynamique de ses ventes à l’international et à l’amélioration du mix produit, son chiffre d’affaires en hausse de 9,4% s’élève à 42,63 milliards d’euros, dépassant de 3% le consensus des analystes. Contrairement à son concurrent PSA, il a limité l’érosion de sa marge d’exploitation dans l’automobile (0,8% après 1,1% en 2010) ainsi que celle de sa marge d’exploitation consolidée (2,6% contre 2,8%) qui inclut le financement des ventes réalisé par RCI Banque.
Cette performance est satisfaisante compte tenu de la forte augmentation du coût des matières premières qui a annulé l’impact positif de son plan d’économies, doublée d’effets devises et prix défavorables. Grâce à «une gestion très rigoureuse du besoin en fonds de roulement et des investissements», le cash-flow libre de la division automobile a atteint 1,1 milliard, en recul de 35% d’une année sur l’autre mais deux fois plus élevé que prévu par le groupe au lozange. L’endettement net a été réduit de 80% à moins de 300 millions d’euros, «au plus bas depuis l’année 1998» relève le PDG Carlos Ghosn.
Pour l’exercice 2012, «nous n’anticipons pas d’allègement de la pression sur les prix en Europe», pronostique celui-ci en ajoutant que le repli du marché européen au premier trimestre pourrait atteindre 15%. En réponse à la guerre des prix dans la région, la gamme «low cost», la plus rentable avec une marge supérieure à 6%, va s’agrandir avec le monospace Lodgy produit au Maroc, et amorcer son renouvellement avec la nouvelle Sandero prévue en décembre.
S’il a confirmé une marge d’exploitation de 5% à l’horizon 2013 et un cash-flow libre cumulé de 2 milliards sur la période 2011-2013, Carlos Ghosn est resté prudent pour l’exercice en cours. Il prévoit simplement un volume de ventes plus élevé qu’en 2011 et un cash-flow libre de la division automobile positif. Les investissements augmentés de la R&D capitalisée seront maintenus en-dessous de 9% du chiffre d’affaires (7,5% l’an dernier). «Avec un BFR et des investissements stables, un cash-flow libre à l’équilibre supposerait un résultat d’exploitation automobile négatif de l’ordre de 150 millions», calculent les analystes d’Oddo Securities en s’attendant néanmoins à un résultat supérieur.
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