Renault affiche une perte record de 8 milliards d’euros en 2020
Renault a annoncé vendredi anticiper une année 2021 difficile, alors que le constructeur automobile a accusé l’an passé la plus importante perte de son histoire, de 8 milliards d’euros, plombé par la contribution de Nissan et la crise sanitaire.
A la suite de ces annonces, le titre Renault abandonnait 4,41% à la mi-journée, dans un marché parisien en hausse de 0,54%.
«L’année 2021 sera difficile, avec des incertitudes liées aux crises sanitaires ainsi qu'à l’approvisionnement de composants électroniques», a indiqué Luca de Meo, le directeur général de Renault, cité dans un communiqué.
Renault a expliqué être touché par la pénurie de composants électroniques qui frappe l’ensemble du secteur automobile, affirmant mettre «tout en oeuvre pour limiter au maximum» son impact. Le groupe estime que le pic de cette pénurie devrait être atteint au deuxième trimestre, avant un effet de rattrapage au troisième. Sur l’ensemble de 2021, le groupe a identifié un risque d’environ 100.000 véhicules non produits en raison de cette pénurie, sachant que Renault fabrique quelque 3 millions de voitures par an.
Renault n’a pas fourni d’objectifs pour 2021, confirmant simplement les perspectives 2023 contenues dans son plan stratégique «Renaulution». Ces objectifs prévoient notamment une marge opérationnelle supérieur à 3% et un flux de trésorerie libre opérationnel de l’automobile cumulé de l’ordre de 3 milliards d’euros entre 2021 et 2023.
Le groupe a livré ces indications après avoir accusé la plus lourde perte de son histoire l’an passé, même si de premiers signes de redressement ont été perçus au second semestre.
Sur l’ensemble de 2020, Renault a accusé une perte nette part du groupe de 8 milliards d’euros, après une perte de 141 millions d’euros en 2019. Le bénéfice a notamment pâti d’une contribution négative de Nissan de 5 milliards d’euros.
Ni dividende, ni coupon
Au vu de ses résultats dégradés, Renault a décidé de ne pas verser de dividende au titre de son exercice 2020. L’an passé, Renault avait également choisi de ne pas verser de coupon, en raison de la crise sanitaire.
Le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 43,5 milliards d’euros, en baisse de 21,7% sur un an en données publiées et de 18,2% à taux de change constants. Le chiffre d’affaires de l’automobile hors Avtovaz a chuté de 23%, à 37,7 milliards d’euros. Les revenus du groupe ont été pénalisés par un effet volume négatif de 19,2 points et la chute des ventes aux partenaires, à hauteur de 5,1 points. A contrario, les efforts menés par le groupe pour augmenter ses prix ont eu un impact positif de 3,9 points.
La marge opérationnelle du groupe a été négative à hauteur de 337 millions d’euros. La seule marge opérationnelle de l’automobile hors Avtovaz s’est inscrite à -1,45 milliard d’euros. Renault a toutefois indiqué être parvenu à un taux de marge opérationnelle positif au second semestre, tant pour l’ensemble du groupe, à 3,5%, que pour l’automobile, à 0,9%.
La perte d’exploitation s’est établie à 2 milliards d’euros en 2020, contre un bénéfice d’exploitation de 2,1 milliards d’euros en 2019.
Le free cash-flow opérationnel de l’automobile a été négatif à hauteur de 4,6 milliard d’euros sur l’ensemble de l’année. Au second semestre, il a été positif à hauteur de 1,8 milliard d’euros.
Renault a par ailleurs indiqué avoir atteint, en 2020, 60% de son plan de réduction des coûts fixes de 2 milliards d’euros, un objectif fixé pour l’horizon 2022.
Après avoir connu deux exercices déficitaires d’affilée, Renault a désormais lancé sa «Renaulution». Ce plan stratégique en trois phases doit permettre au constructeur de redresser sa rentabilité tout en le préparant à s’imposer dans la chaîne de valeur des nouvelles mobilités.
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