Recapitalisé par le FSI en 2011, le fabricant d'éoliennes Vergnet tire la sonette d’alarme

Mise en difficulté par le retard de l’appel d’offres public dans les DOM, la PME a besoin de 15 millions d’euros. Un adossement n’est pas exclu
Olivier Pinaud

Les industriels français des énergies renouvelables vont mal. Après Photowatt, repris de justesse au tribunal de commerce par EDF, c’est au tour du fabricant d’éoliennes Vergnet de tirer la sonnette d’alarme. Cotée en Bourse, et déjà recapitalisée en mai 2011 par le Fonds stratégique d’investissement et la société Nass&Wind pour un montant de 18 millions d’euros, la PME sera à court d’argent dès le mois de juillet prochain. A l’origine de cette situation, le nouveau retard de l’appel d’offres lancé par le gouvernement pour des centrales éoliennes dans les départements d’outre-mer.

Ces chantiers viennent d'être attribués, Vergnet en a d’ailleurs gagné deux, mais une incohérence entre les lois Littoral et Grenelle 2 empêche leur réalisation. La mise en conformité pourrait prendre plusieurs mois. «C’est une situation imprévue, incohérente et injuste», tempête, amer, Marc Vergnet, qui rappelle avoir investi 20 millions d’euros pour répondre à cet appel d’offres dans les DOM. Le dirigeant fondateur compte alerter le gouvernement pour lui demander des solutions de financement afin de «faire la soudure». Vergnet aurait besoin d’environ 15 millions d’euros. Un nouveau plan d'économies est également envisagé.

D’autres pistes sont néanmoins explorées, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources, notamment un adossement industriel, alors que le FSI n’a pas l’intention de réinjecter de nouveaux fonds. Ce partenaire pourrait être Alstom. Vergnet travaille déjà depuis l’an dernier avec l’industriel pour la fourniture d’éoliennes de grande puissance (1 MW) sur un important chantier en Ethiopie. Les deux sociétés ont également répondu ensemble à des projets en Angola ou en Mauritanie. Cet adossement industriel permettrait à Vergnet de conforter son activité dans les machines de grande puissance, ce qui lui laisserait les marges de manœuvre pour les chantiers plus modestes, comme dans les DOM.

En 2011, Vergnet a dégagé un chiffre d’affaires de 67,7 millions d’euros, 18% de moins qu’en 2010, et quasiment deux fois moins que l’objectif établi début 2011. Son niveau de pertes n’est pas encore connu mais elles atteignaient déjà 6,6 millions au premier semestre 2011. Depuis son introduction en Bourse en juillet 2007, l’action Vergnet s’est effondrée de 87%.

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