RCS Media attend un nouveau pacte d’actionnaires après sa levée de fonds
RCS Media a réussi, dans la douleur, à renforcer ses fonds propres. Le groupe d’édition, notamment propriétaire du Corriere della Sera en Italie et d’El Mundo en Espagne, a pu cette semaine boucler un appel au marché de 410 millions d’euros qui conditionnait la restructuration de 600 millions d’euros de dette bancaire.
La transaction s’est révélée difficile, dans un marché européen où les volumes d’augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription sont tombés en 2013 à leur plus faible niveau depuis huit ans selon Dealogic. Seulement 92,7% des actions ordinaires offertes ont été souscrites.
Les banques qui ont dirigé et garanti le placement – Banca Imi, Ubi Banca, Commerzbank, Mediobanca, BNP Paribas, Credit Suisse et Banca Akros – ont dû prendre la différence à leur compte.
Le groupe attend désormais un nouveau pacte d’actionnaires pour remplacer l’actuel, qui arrive à échéance en mars 2014. Une réunion à ce sujet aura lieu fin juillet. Le nouveau tour de table est un peu plus éclaté à l’issue de l’augmentation de capital. Fiat, membre du pacte, est devenu à nouveau le premier actionnaire en doublant sa part à 20,5%. Il souhaite mettre en œuvre un accord qui garantisse une stabilité de la gouvernance, avec l’appui de l’assureur FonSai (5,6%) et d’Intesa Sanpaolo (6,5%). Mediobanca, elle aussi membre du pacte, souhaite au contraire avoir les mains libres: la banque milanaise est vendeuse de sa participation de 15,4% depuis qu’elle a annoncé en juin sa volonté d’abandonner son activité historique de holding.
Fiat devra aussi composer avec Diego Della Valle, désormais troisième actionnaire avec près de 9% du capital de RCS. Volontiers provocateur, le patron de Tod’s ne fait cependant pas partie du pacte actuel et s’en est pris récemment à John Elkann, président du constructeur automobile, coupable à ses yeux d’incarner un establishment italien dépassé.
Le nouveau tour de table aura fort à faire pour remettre RCS Media sur les bons rails. Le groupe italien, en perte de 510 millions l’an dernier, espère tripler son Ebitda d’ici à 2015 à 150 millions d’euros. Kepler Cheuvreux reste toutefois vendeur sur la valeur. «Cela est dû à la faiblesse financière de l’entreprise, que l’augmentation de capital ne modifie pas en substance, avec une dette nette sur Ebitda 2014 ajusté de 9,7 fois, en excluant des cessions d’actifs», estime le courtier.
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