Punch Taverns vient à bout d’un refinancement hors normes
Un «processus long et compliqué» et une «énorme charge de travail». Stephen Billingham est visiblement soulagé. Le directeur général de Punch Taverns est sur le point de boucler un refinancement dont les négociations auront duré deux ans. Les seize assemblées générales représentant autant de catégories de dettes ont approuvé le plan de restructuration du groupe de pubs britannique. Les actionnaires ont également voté en faveur.
Reste un dernier accord à obtenir auprès de RBS et de Lloyds pour la dette titrisée. La chaîne espère l’obtenir dans les prochains jours afin de refermer le dossier le 8 octobre et de pouvoir lancer les émissions d’actions.
Punch Taverns restera comme l’une des plus importantes restructurations financières de ces dernières années outre-Manche. Touché par la baisse de la consommation dans ses établissements, sous l’effet de la crise et des conséquences sur la fréquentation de la loi antitabac, le deuxième groupe de pubs britannique devait restructurer 2,26 milliards de livres sterling de dette (2,8 milliards d’euros). Son ratio de levier, à 10,8 fois l’Ebitda, était «insoutenable», alertait régulièrement la direction.
L’accord, dont les principes avaient été arrêtés en juin dernier, prévoit de réduire de 600 millions de livres le montant de la dette. Le ratio de levier tombera ainsi à 7,7 fois l’Ebitda. La dette brute s'élèvera à 1,585 milliard de livres, à un taux effectif de 7,8%, intérêts de la dette PIK inclus. La charge de la dette sera réduite de 94 millions de livres pour les quatre premiers trimestres suivant la signature définitive de l’accord. Le prochain refinancement ne devrait pas avoir lieu avant 2021.
Le plan prévoit une extension et une modification des termes de la dette senior. La dette junior sera quant à elle échangée contre un mélange de cash, de nouveaux titres juniors et d’actions à émettre. L’opération aura donc un effet de dilution massive pour les actionnaires non créanciers qui ne représenteront plus à terme que 15% du capital. Une première émission, pour un montant de 50 millions de livres, servira à rembourser les créanciers juniors. Une seconde émission sera par la suite lancée afin de donner 29% du capital de la société à sept créanciers, parmi lesquels Glenview, Luxor ou Oaktree Capital. Glenview renforcera sa position d’actionnaire numéro un avec 22,2% contre 18,2% actuellement.
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