Puma Energy s'émancipe un peu plus du négociant Trafigura
Puma Energy sort de l’ombre du négociant en matières premières Trafigura, son ancienne maison mère qui détient toujours 48,8% de son capital. Le groupe de stockage et de distribution de produits pétroliers finis a émis ses premières obligations pour un montant de 750 millions de dollars. Cotés à la Bourse du Luxembourg, les titres portent un coupon de 6,75% pour une maturité de 7 ans. L’opération était dirigée par Goldman Sachs et la Société Générale.
Ce placement inaugural vise à refinancer une partie de la dette, pour environ 280 millions de dollars, et à soutenir le plan de croissance du groupe dont le chiffre d’affaires a quadruplé en trois ans pour atteindre 12 milliards de dollars en 2013. Une croissance nourrie à 60% par du développement interne et à 40% par acquisitions mais qui a porté la dette nette à 1,6 milliard à fin septembre 2013 et pesé sur les résultats. Fitch attend un free cash-flow négatif en 2013 et en 2014 mais estime qu’il devrait revenir à environ 30% de l’Ebitda ajusté en 2015, contre 37% en 2012.
Présents dans 38 pays, pour moitié africains, le groupe suisse profite de la croissance des pays émergents et du désengagement des majors pétrolières du stockage et de la distribution de carburants. Il a racheté ces derniers mois des actifs à BP, Exxon ou bien encore Chevron. «Les majors concentrent leurs capitaux sur l’exploration-production et ont perdu une partie de leur capacité de négoce au profit de négociants indépendants», explique Denis Chazarain, le directeur financier de Puma Energy. Total est aujourd’hui la dernière major encore fortement impliquée sur ces marchés, notamment en Afrique.
«Cette première émission obligataire nous donne la possibilité de recourir de nouveau au marché dans le futur si besoin», indique Denis Chazarain. En revanche, si «l’arrivée d’un nouveau partenaire industriel ou une ouverture du capital à l’occasion d’une introduction en Bourse font partie des possibilités, ces projets ne sont pas prévus à court ou moyen termes», assure-t-il.
L’an dernier, Sonangol, la holding pétrolière publique de l’Angola, a souscrit à une augmentation de capital de 500 millions de dollars pour faire passer sa participation de 20% à 30%. Trafigura, qui détenait alors 65% de Puma Energy, s’était laissé diluer et avait profité de l’opération pour vendre des actions au management et à l’investisseur angolais Cochan. Celui-ci détient 15% de Puma Energy.
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