Publicis bénéficie pleinement de la reprise des investissements publicitaires
A la demande du conseil d’administration qui s’est réuni mercredi, Maurice Lévy, dont le mandat arrive théoriquement à expiration en fin d’année, a accepté de prolonger encore un peu. L’indéboulonnable président du directoire de Publicis, qui tient les rênes du groupe publicitaire depuis près de 24 ans, sait que la zone de turbulences s’est éloignée. «Pour nous (...) l’impact de la crise est passé», a-t-il assuré jeudi à l’occasion de la publication des résultats annuels.
De fait, le groupe a pleinement profité de la reprise des investissements publicitaires observée l’an dernier. Sur l’ensemble de l’exercice, le groupe a dégagé une croissance organique du chiffre d’affaires de 8,3%, à 5,42 milliards d’euros. Une performance nettement supérieure à celle attendue par les analystes, puisque le consensus Reuters tablait en moyenne sur un gain de 6,6%. La fin d’année a été particulièrement dynamique, la croissance organique des ventes s’établissant à +12,5% (1,56 milliard d’euros) au quatrième trimestre. Du jamais vu depuis les années 1990.
Les activités numériques ont joué leur rôle de locomotive. Elles ont représenté 28% du revenu total en 2010 comparé à 22,4% l’année précédente. A l’échelon géographique, la croissance organique a regagné en intensité, encore modestement dans la zone Asie-Pacifique (+7%), mais surtout en Amérique latine (+13,7%). Les émergents constituent ainsi l’«un des accélérateurs» sur lesquels le groupe peut compter dans les mois à venir. Pour 2011, Publicis se dit en mesure de surperformer le marché à la fois en termes de chiffre d’affaires et de marges, et cela en dépit de bases de comparaison plus exigeantes et d’une nouvelle hausse attendue des coûts salariaux (+19% en 2010).
Au bout du compte, le résultat net ressort à 526 millions d’euros, en progression de 30,5% sur un an. Du fait de cette hausse, le taux de distribution du dividende, qui est porté à 0,70 euro au titre de 2010, passe de 30% à 27%. Maurice Lévy, qui a confirmé son engagement à porter ce taux à 40%, a justifié cette «modération» par le manque de visibilité sur l'évolution du crédit et par la volonté de se ménager une marge de manœuvre pour des rachats d’actions. Les investisseurs ont en tout cas réservé un accueil chaleureux à ces résultats : le titre a clôturé en hausse de 4,10% à 40,65 euros.
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