Psam s’inquiète d’un contrôle de fait de Vincent Bolloré sur Vivendi
PhiTrust a gagné un nouveau soutien dans sa lutte contre les droits de vote double chez Vivendi. Peter Schoenfeld Asset Management (Psam) votera en faveur de la résolution déposée par la société de gestion française afin de maintenir le principe «une action, un droit de vote» dans les statuts du groupe de médias. Avant Psam, huit autres actionnaires institutionnels se sont engagés à voter en faveur de cette résolution.
Jusqu’à présent, Psam avait concentré «son action sur la politique de rémunération des actionnaires de Vivendi et n’avait pas souhaité y intégrer la question de la gouvernance», explique un proche. Le nouveau renforcement la semaine dernière de Vincent Bolloré au capital de Vivendi, désormais à la tête de 10,2% du capital, l’a incité à revoir sa position. «Ces achats opportunistes confèrent un contrôle de fait au Groupe Bolloré sur Vivendi sans avoir à payer une prime de contrôle à la majorité des actionnaires», indique le fonds dans un courrier adressé à Vivendi. Il ajoute que «la mise en place des droits de vote double soutenue par le directoire et le conseil de surveillance permettrait à M. Bolloré d’exercer une influence encore plus significative».
Pour appuyer son inquiétude, le fonds s’interroge notamment sur les raisons qui ont poussé Vivendi à fixer à 20 euros le cours maximal de son programme de rachats d’actions alors que le plan autorisé par l’AG de juin 2014 prévoyait un plafond de 24 euros. L’évolution du marché ne peut expliquer cette réduction: le cours de Bourse a gagné 20% depuis l’AG de juin 2014. «La non-utilisation du programme de rachats d’actions favorise» l’influence de Vincent Bolloré, estime Psam.
Hier, ni Vivendi, ni Vincent Bolloré, n’ont répondu aux questions de Psam. Le groupe rappelle simplement avoir alerté vendredi ses actionnaires des risques encourus si 20% du capital de la Société d’édition de Canal Plus, l’entité autorisée par le CSA à émettre Canal + en France, venait à être détenue, directement ou indirectement, par des actionnaires extra-communautaires.
Le non-respect de cette loi de 1986, matérialisé par exemple lors d’un vote en AG, pourrait entrainer un préjudice estimé entre 5 et 9 milliards d’euros par Vivendi. Psam, qui y voit une mesure visant à dissuader les actionnaires non communautaires de voter en AG, a demandé au groupe de fournir au marché une géographie précise de la répartition actuelle de son capital. Hier, il n’avait pas obtenu de réponse.
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