PSA Peugeot-Citroën et BMW scellent leur alliance dans les véhicules hybrides

Outre des économies d’échelle, la création d’une coentreprise vise à faire émerger une filière européenne capable de promouvoir cette technologie
Yves-Marc Le Reour

Les constructeurs automobiles européens ont jusqu’ici souvent privilégié des partenariats avec des groupes nippons ou plus récemment chinois en matière de véhicules hybrides. La coentreprise qui va être mise en place entre PSA Peugeot Citroën et BMW, nommée BMW Peugeot Citroën Electrification, revêt dans ce contexte une importance particulière. Suite logique du protocole d’accord signé en octobre dernier par les deux constructeurs, cette alliance franco-allemande illustre tout d’abord la volonté des deux groupes de contribuer à «la structuration d’une filière européenne dans le domaine de la technologie hybride», souligne le communiqué commun aux deux groupes déjà partenaires dans les moteurs à essence.

Si l’épuisement progressif des réserves de pétrole est censé favoriser le développement des véhicules hybrides combinant généralement une propulsion électrique et thermique, l’émergence d’un marché de masse en Europe suppose une amélioration de leur compétitivité-prix. Or, cette technologie nécessite comme pour celle des moteurs purement électriques l’utilisation de terres rares produites à plus de 95% par la Chine. Ceci pourrait conférer à ce pays un avantage concurrentiel non négligeable dans ce domaine, d’autant plus que Pékin a décidé fin 2010 de restreindre une nouvelle fois ses quotas d’exportation pour ce type de matières premières. La capacité des acteurs européens à s’organiser à travers une plate-forme commune n’en prend que plus de relief.

En se concentrant sur la fabrication de composants et de logiciels nécessaires à la production de ces véhicules, cette coopération renforcée entend également assurer à chacun des deux groupes «des économies d’échelle substantielles» grâce à la production et à l’achat en commun de ces composants. Le démarrage des opérations est prévu pour le deuxième trimestre de cette année «sous réserve de l’approbation par les autorités de la concurrence compétentes». Les deux constructeurs ajoutent que «les nouveaux composants hybrides issus de cette coentreprise équiperont les véhicules des deux partenaires à partir de 2014», en spécifiant que la société commune pourra commercialiser ses produits auprès d’autres constructeurs ou sous-traiter certains aspects du programme à des fournisseurs.

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