Proxinvest demande l’instauration d’un vote en AG sur les rémunérations
A l’occasion de la douzième édition de son rapport sur la rémunération des dirigeants des sociétés du SBF 120, Proxinvest relève les efforts faits l’an dernier avec une baisse globale de 15% de la rémunération totale des équipes dirigeantes du SBF 120 à 1 million d’euros. La baisse ressort à 20 % pour le CAC 40 mais, en moyenne, un patron d’une entreprise du CAC 40 est cinq fois plus payé qu’un président d’une société moyenne (SBF 250 hors SBF 120).
En revanche, la société de conseil souligne le retard pris par la France en matière de vote en AG de la politique de rémunération. Ce vote «say on pay», généralisé au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suisse, a été adopté en 2009 en Allemagne puis cette année en Belgique et aux Etats-Unis avec la loi Dodd Frank. Un vote généralement consultatif. Proxinvest propose soit l’instauration de ce vote dans un cadre législatif, soit l’introduction de cette pratique dans le code Afep-Medef. L’objectif est de responsabiliser les administrateurs et d’améliorer la transparence de la rémunération des dirigeants.
Proxinvest recommande un salaire fixe, égal ou inférieur à la médiane de l’échantillon de référence, et une rémunération variable ne dépassant pas deux fois le salaire fixe, et dans laquelle la part actionnariale à long terme doit être privilégiée aux bonus annuels.
En 2009, la rémunération globale des présidents exécutifs a reculé de 14% dans le CAC 40 à 3,1 millions d’euros, et de 15% dans le SBF 120 à 2,1 millions. En revanche, la médiane reste stable, signe de la baisse des très gros salaires. Le champion est Carlos Ghosn avec 9,2 millions d’euros, dont 1,2 million au titre de Renault, mais 8 millions versés par Nissan. Proxinvest souligne un vrai problème de transparence, la rémunération chez Nissan n’apparaissant pas dans le document de référence de Renault. Suivent derrière, Chris Viehbacher (Sanofi Aventis) avec 8,2 millions, Bernard Charlès (Dassault Systèmes) avec 8,1 millions, et Bernard Arnaud (LVMH) avec 7,6 millions.
En revanche, la rémunération des présidents non exécutifs du CAC 40 a progressé de 7% à 930.000 euros en 2009, l’une des plus élevées d’Europe. Jean-François Dehecq (Sanofi-Aventis) a même touché 2,3 millions d’euros ! Le contraste est d’autant plus grand que les administrateurs du CAC 40 ne perçoivent en moyenne qu’un jeton de 71.000 euros, soit treize fois moins que leur président !
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