Provimi ouvre l’appétit des industriels du secteur de la nutrition animale
Provimi est très convoité. Les premiers candidats, essentiellement des industriels, viennent de soumettre leur dossier au fonds de capital investissement Permira, propriétaire du groupe de nutrition animale, tandis que d’autres offres, finales, devraient être déposées avant la fin juillet, confie une source à L’Agefi.
Les prix proposés iraient entre 1,8 et 2 milliards d’euros. Soit de 12 à 13 fois l’Ebitda 2010 de Provimi et de 10 à 11 fois l’Ebitda actuel annualisé, d’environ 175 millions depuis l’acquisition du mexicain Nassa. L’an dernier, Provimi a dégagé un bénéfice net de 65 millions d’euros, pour un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 154 millions, et un chiffre d’affaires de 1,6 milliard. «Un multiple à deux chiffres semble raisonnable en raison de l’intérêt pour le secteur», relève un spécialiste. Encore très fragmenté, le secteur de l’alimentation animale paraît maintenant mûr pour une consolidation, expliquent les analystes.
Les néerlandais DSM et Nutreco, l’américain Cargill, et le chinois New Hope, seraient déjà sur les rangs. D’autres candidats, mais aussi des consortiums créés pour l’occasion, devraient se déclarer lors du second tour. D’une part, Nutreco devrait peiner à y aller seul au regard du prix et pourrait alors s’associer à un autre acteur. «Les ratios d’endettement seraient trop tendus et Nutreco devrait céder sa division viande», estime Rabo Securities. D’autre part, si DSM a la trésorerie nécessaire pour une telle acquisition, un de ses dirigeants a précisé dans le passé n’être intéressé que par certaines activités premix de Provimi. Aussi, DSM pourrait-il racheter l’ensemble et revendre la partie alimentation animale à Nutreco. Pour un analyste d’ING, DSM devrait dégager davantage de synergies que Nutreco, entre 50 et 70 millions d’euros, notamment sur l’achat de matières premières. Un analyste de Rabo Securities anticipe 45 millions de réductions de coûts pour Nutreco.
Une bataille qui devrait profiter au vendeur. Permira, qui a chargé JPMorgan de la vente, en attendrait deux milliards d’euros. Permira avait repris Provimi, autrefois dans le giron d’Eridania Béghin Say, en janvier 2007 en rachetant les 74% détenus par les fonds CVC et PAI, au prix de 30 euros par action, valorisant la société 783 millions d’euros. Malgré l’échec de l’OPA à 34 euros, qui avait suivi, le titre avait fini par sortir de la cote fin 2009.
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