Près de la moitié du CAC 40 renouvellera son président en 2018
Des mouvements à attendre cette année dans les conseils des grandes sociétés françaises. 31% des sièges du CAC 40 sont à renouveler lors des AG 2018, selon le cabinet OFG Recherche. Soit 177 mandats, dont les deux tiers sont détenus par des hommes, et dont une moitié est constituée d’administrateurs indépendants. De quoi donner l’occasion aux sociétés d’accélérer la féminisation et l’indépendance de leur conseil.
Ces renouvellements concerneront près de la moitié (18) des présidents du CAC 40. Si OFG anticipe peu de surprise pour Antoine Frérot (Veolia), Alexandre Bompard (Carrefour) ou Stéphane Richard (Orange), Pierre-André de Chalendar devra défendre son bilan devant les actionnaires de Saint-Gobain, alors que le dossier Sika patine depuis plus de trois ans, dans l’attente d’une décision définitive de la justice helvétique, qui pourrait n’intervenir que fin 2018 ou en 2019. Malgré ces incertitudes, le conseil de Saint-Gobain a proposé à l’unanimité en novembre dernier de renouveler le mandat de PDG de Pierre-André de Chalendar.
Des transitions managériales se préparent en douceur. Martin Bouygues (Bouygues) et Paul Hermelin (Capgemini) devraient être renouvelés comme présidents, mais ils ont déjà l’un et l’autre posé des jalons pour leur succession à la direction générale, avec la nomination de directeurs généraux délégués. En revanche Jacques Gounon, 65 ans en avril prochain, devrait rester PDG de Getlink (ex-Eurotunnel), puisque le conseil d’administration vient de proposer de repousser la limite d’âge du directeur général de 65 à 68 ans.
Du coté des présidents non exécutifs, PSA pourrait changer de président du conseil de surveillance, note OFG, rappelant que Louis Gallois, dont le mandat arrive à échéance, avait été nommé en pleine crise. Mais cela nécessitera un accord entre les trois actionnaires de référence du constructeur, la famille Peugeot, le chinois Dongfeng, et l’Etat français.
Mais pour OFG, il y a aussi des «pages qu’il faudrait tourner» pour certains administrateurs, évoquant Michel Cicurel chez Publicis, Robert Castaigne chez Sanofi, Denis Kessler chez BNP Paribas ou encore Xavier Fontanet chez L’Oréal, tous qualifiés d’indépendants depuis seize ans ou plus. «Des copies à revoir en 2018», conclut OFG. Le code Afep-Medef prévoit que l’administrateur perd sa qualité d’indépendant quand il siège depuis plus de douze ans. Mais un tiers du CAC 40 a écarté ce critère en 2016, selon la règle «appliquer ou expliquer».
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