La recherche actions indépendante peine à trouver sa place en France
Le secteur, dont les revenus se sont limités à environ 6,4 millions d’euros en 2011, soit 2% du marché, n’a que peu profité de «l’unbundling»
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Virginie Deneuville
Crédit : Fotolia
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Cinq ans après l’instauration du mécanisme des commissions de courtage à facturation partagée (unbundling) dans le secteur de la gestion en France, le bilan reste mitigé, selon les conclusions d’une étude réalisée par Sagalink. Ce mécanisme, permettant de distinguer les rémunérations liées aux services d’exécution de celles liées à la recherche, avait notamment pour objectif de mettre un terme à l’opacité sur ces coûts et favoriser l’apparition de bureaux de recherche indépendants des sociétés de courtage.
Or, «les fournisseurs de recherche indépendante (IRP) restent peu nombreux et relativement fragiles», relève Sagalink. Les principaux acteurs français, à savoir AlphaValue, IDMidcaps, Spread Research, OFG Recherche et PrimeView, se comptent en effet sur les doigts d’une main.
Se basant sur une enquête réalisée parallèlement, Sagalink estime le chiffre d’affaires des IRP français à 6,4 millions d’euros en 2011, soit 2% d’un montant global de commissions de courtage actions estimé à 300 millions d’euros. «Les acteurs français considèrent qu’ils captent environ un cinquième des montants alloués à la recherche indépendante, les quatre cinquièmes (soit 8% du volume global) correspondant aux achats auprès d’IRP étrangers, principalement anglo-saxons», indique l’étude. Le solde du volume de commissions est capté à hauteur de 50% par les brokers.
«En l’état, il y donc fort à parier que les IRP français gagnent peu ou pas d’argent. Nous sommes donc loin de l’objectif de développement d’une concurrence indépendante», relève Sagalink, mettant en lumière plusieurs raisons. Le cabinet de conseil souligne notamment un flou réglementaire, les formulations de l’Autorité des marchés financiers (AMF) manquant «singulièrement de précision quant à la possibilité d’utiliser les CCP (commissions de courtage partagées) pour acheter des logiciels de recherche tels que Bloomberg, Reuters ou FactSet».
Par ailleurs, les schémas des flux de factures, paiements et déclarations de TVA se révèlent en pratique «assez compliqués. Les sociétés de gestion de portefeuille sont ainsi fiscalement et opérationnellement incitées à acheter la recherche de leur broker plutôt qu’à adopter le mécanisme des CCP», ajoute Sagalink.
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